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Stasis : Will the Circle Be Unbroken ?

le Jeu 30 Nov - 20:56
Stasis : Will the Circle Be Unbroken ?

Je l’ai bien senti. Comme un courant d’air froid un soir d’été. Moins qu’un sursaut, un frisson presque imperceptible. Rien ne semble avoir changé et pourtant, l’espace d’une fraction de seconde, ce Monde a retenu son souffle. Une modification, un changement infime dans sa trame. Pas de conséquences, juste le silence et la sérénité d’un plus grand mystère… Une énigme qui ne trouvera jamais de réponses, le vide à jamais incomblé de ce qui était et ne sera plus. Ce qui existait, aujourd’hui disparu. Certains ici l’auront peut-être ressenti et d’autres resteront à jamais dans l’ignorance. Tout cela n’a aucune importance et c’est pourquoi je vais me servir une nouvelle rasade de ce précieux nectar avant de revenir à ma Réalité. Doux Café des Arpenteurs, l’Ecrou Providentiel oublié par ceux qui pensaient que l’Histoire ne pouvait s’écrire que par la main d’un seul auteur. Une dernière gorgée avant de repenser à ma petite vie insignifiante en Chernarus…

Par où commencer ? Que puis-je bien écrire qui ne ressemble pas encore à ce que j’ai déjà rédigé tant de fois au cours des derniers mois - des dernières années ? La survie, l’agonie, le trépas : le cycle recommence sans fin. Nous rencontrons parfois de nouveaux venus : ce fut mon cas il y a un ou deux jours. Autant que j’inscrive ici ce dont se souvient mon esprit embrumé.
Je suis tombée deux fois il y a peu : une jolie tournure de phrase pour expliquer ce qu’il est advenu de mon corps, une couronne mortuaire pour cette enveloppe de chairs déchiquetée et dévorée par un nécroïde que j’avais largement sous-estimé. J’aurai pu éviter ces souffrances inutiles si j’avais observé les alentours avec plus d’attention. Un point pour ce Grisâtre. Et un point également pour B.E.R.S.E.R.K qui a su profiter de ma maladresse pour me faire exploser la cage thoracique une nouvelle fois, alors que je trainais tranquillement avec Alice Pares du côté de Vybor. Fraichement revenue de la plage, ce fut tout naturellement que je m’y réveillais à nouveau, oscillant cette fois-ci entre prostration et rage brulante.
Je commence à comprendre de fait, les raisons qui avaient poussé Realder à s’équiper de la sorte. Le plomb de cette Vermine du Vide m’a déjà transpercé trois fois. Puisque je ne peux visiblement y échapper, je crains de devoir trouver un moyen pour y remédier… Les armes de guerre et autres cartouches de très gros calibre que je destinais à l’échange vont finalement peut-être terminer dans ma réserve personnelle en attendant que je trouve quelqu’un susceptible de m’expliquer en détail leur fonctionnement. Lorsque cela sera fait - et je n’ai aucun doute sur ma capacité à apprendre à manier de tels engins de mort puisque l’Eternité me tend les bras - je bénirai B.E.R.S.E.R.K par le feu et l’acier avant de disséminer les miettes de ce qui restera de lui - ou d’eux -  aux quatre coins de Chernarus. Steven Downie acceptera peut-être de m’aider, bien qu’il ait certainement d’autres chats à fouetter en ce moment.
Sans le Major, Vybor se meurt. La dernière fois que j’ai pris ma plume, je l’ai qualifiée de ville décrépite, mais c’est encore pire que ça. J’ai pu assister moi-même à la folie qui y règne et je comprends Alice lorsqu’elle déclare vouloir en partir, à peine arrivée. Il n’y a plus rien de bon là-bas, à part peut-être Vany qui s’efforce tant bien que mal d’apporter un peu de réconfort à ceux qui ont choisi d’y résider, et Gitan qui se débarrasse de ses derniers véhicules avant de prendre la poudre d’escampette. Les unités B.E.R.S.E.R.K se sont apparemment données rendez-vous à Vybor, lorsque ce n’est pas Ashley qui se prend pour l’une d’entre elles. Ashley Icesinger… J’effacerais ce nom et ce qu’il représente de la Réalité si je le pouvais. Celle qui pense être ma fille n’a absolument rien en commun avec moi et j’en viens à penser qu’elle est une menace pour ceux qui croisent son chemin. Son principal problème ne vient pas de sa nature : demi-vampire, démon, extra-terrestre, lycanthrope ou même Outsider, je n’ai cure de ce qu’elle est. Sans doute est-elle persuadée que j’attache une grande importance à ce nom que je me vois contrainte de partager avec elle. Il n’en est rien. Ce n’est qu’un mot, un qualificatif sans saveur, que je portais dans un monde qui me paraissait déjà étranger à l’époque.
C’est Realder qui m’y a emmenée, incrustée, parce qu’il ne  pouvait supporter de rejoindre seul cet infime fragment du Macronivers au sein duquel il était né. J’ai le sentiment de connaitre ces vérités, pourtant mes souvenirs ne me fournissent que des éclats épars, trop endommagés pour qu’il soit possible de les assembler entre eux. Tout comme Oliko, Gitan, Steven, Rohiro, Alice et bien d’autres, je cherche à retrouver quelqu’un ou quelque chose. Nous partageons tous un même but, seules nos raisons divergent.

Fort bien… Ces tristes revers que j’ai encaissés m’ont au moins permis de faire la connaissance de Kriss, une nouvelle victime de ce voyage sans retour. Je l’ai rencontré pour la première fois au dispensaire de Nagornoe, bien entouré par Watson, qui venait de le récupérer, et par le Major, désormais débarrassé de ses fonctions. Mon premier accueil fut glacial, je le crains, mais comment aurait-il pu en être autrement ? Je venais de subir par deux fois un aller-retour sur la côte pour me retrouver nez-à-nez avec un inconnu et Steven Downie, qui n’avaient tous deux, rien à faire là. Au fil de la conversation cependant, je me suis finalement détendue : Kriss semble être quelqu’un de réfléchi - au même titre que Steven d’ailleurs - et même si cela n’avait pas été le cas, sa jambe blessée ne lui aurait pas permis d’aller bien loin, ni de faire beaucoup de mal. J’ai par ailleurs eu l’occasion de passer du temps avec lui le lendemain. Il m’a raconté son histoire - les souvenirs que Chernarus lui a laissé du moins -  et je lui ai raconté une partie de la mienne : celle qui permet à mes pairs de ne pas me prendre tout de suite pour une folle.
Le jeune homme est de toute évidence l’extrême opposé d’Alice en ce qui concerne le cheminement de sa réflexion. Là où la journaliste engrange les informations pour les analyser objectivement et presque froidement, Kriss les accepte simplement, en tout cas la plupart d’entre elles, sans se poser plus de questions sur leur véracité. Abreuvé depuis longtemps par les récits qu’il se plaisait à lire - c’est du moins ce qu’il m’a indiqué si je ne m’abuse - il découvre peu à peu les facettes de notre prison et porte un regard curieux et grand ouvert sur le monde qui l’entoure : en cela, nous ne sommes pas très différents. Lorsque sa jambe aura guéri, nul doute qu’il se sentira à l’étroit dans le dispensaire d’Oliko ; il sera alors temps pour lui de suivre sa propre voie.

Avant de m’immerger au sein de mes songes, je me dois de noter les derniers éléments que je juge importants, bien qu’en vérité, il ne s’agisse que de l’évolution classique de chaque chose et de chacun en Chernarussie. Alice est entrée dans la boucle, cette boucle dont elle ne sortira probablement pas de sitôt, à moins qu’elle ne décide de tenter sa chance en s’aventurant dans l’Ether. Elle n’a pas encore vécu sa propre mort - tout vient à point à qui sait attendre - en revanche, elle me considère désormais probablement comme une revenante, ou au choix, comme une manipulatrice hors-pair. Je suis lasse de me répandre en discussions hasardeuses sur des sujets qui, à mon humble avis, ne le méritent pas. Alice a assisté à ma mise à mort par le B.E.R.S.E.R.K, elle a sans doute dû voir mon corps constellé d’impacts de chevrotine. J’ai pu dialoguer avec elle par la suite, post-mortem si j’ose dire. Qu’elle en pense ce qu’elle veut ; si j’ai bien compris quelque chose ici-bas, c’est que personne ne peut changer du jour au lendemain et elle ne déroge pas à la règle. Tant mieux pour elle : son esprit rationnel lui permettra sans doute de maintenir sa raison à flots pendant quelques temps. Ce n’est pas de mon ressort, et si j’apprécie Alice pour ce qu’elle est, rien ne m’empêche d’être sourde à ses hypothèses : tôt ou tard, elle finira par apprendre.
Ma paume est couverte d’encre à force d’écrire et les articulations de ma main me font presque souffrir. Le Café décuple mes sens ou les amoindrit sans aucune logique. Ce soir, les oiseaux de nuit chantent à tue-tête et la Brume me hurle de rejoindre ce qui dort en son sein - demain il sera peut-être trop tard.
Non. Bien au contraire, il est encore trop tôt : je reste ici. Que Gitan fasse ce que bon lui semble, je ne partirai pas avec lui de l’autre côté du Voile. Ce qu’il m’a annoncé à Vybor me désole : encore une fois, un allié de longue date va risquer de perdre son âme pour des chimères. C’est son choix et je le respecte. Mais je ne suis pas encore prête.

Le Grand Vide a néanmoins vibré, comme si l’un des rayons, relié à la Tour Sombre, avait cédé à nouveau. Mais ici, pas de Tour, pas de pivot sur lequel frapper pour déchirer la trame de la Réalité.  Et pourtant, quelque chose a cédé quelque part - le Hochet des Frivolités blesse si profondément l’Ether... Rien n’est jamais immuable et ce qui demeure entier peut être désuni, mis en pièces et brisé. Je resterai attentive aux sursauts de la Toile du Multivers. Les unités B.E.R.S.E.R.K ne sont pas les seules à la hanter.
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Stasis : Un Cœur perdu dans l’Ether, une Lame brisée dans les Limbes et un Pied-de-Biche au Fond d’un Couloir d’Acier.

le Dim 17 Déc - 14:35
Stasis : Un Cœur perdu dans l’Ether, une Lame brisée dans les Limbes et un Pied-de-Biche au Fond d’un Couloir d’Acier.

Le lien est brisé, une infime partie du Passé n’est plus - n’a jamais été. Des mots se troublent au sein de mes écrits, comme s’ils luttaient pour exister. D’autres que moi ont-ils senti les Aiguilles rater un tour, la trame de la Réalité s’effilocher tout autour d’eux ?
Cela fait déjà plusieurs jours que ce malaise ne me quitte plus, et tout semble aller de mal en pis. Pourtant, rien n’a changé en apparence : les prisonniers de Chernarus sont toujours là et vaquent à leurs occupations, les nécroïdes déambulent dans les rues, dans la campagne et dans les bois, les loups protègent leur territoire, la Brume gazouille aux oreilles de qui veut bien l’écouter et la menace d’une Vermine du Vide plane, omniprésente, jusqu’à ce que l’épée de Damoclès pourfende finalement celui qui aura eu le malheur de l’oublier. Ainsi va le cours des choses en Chernarus, mais à quoi bon s’étendre plus longuement sur ces sujets ? Chaque seconde qui passe, je constate avec un peu plus de discernement que ce reniement de la vie n’est que l’ombre de mon orgueil. Une manière de convaincre mon égo que je maitrise cette situation sur le bout des doigts. Il n’en est rien : pour une vie humaine plate et dénuée de réflexion, mes maigres connaissances, mes possessions matérielles et l’indifférence dont je fais preuve face à la mort pourraient éventuellement subjuguer les plus crédules. Je pensais moi-même me jouer des règles fixées ici-bas il y a encore peu de temps, mais notre immortalité n’est finalement qu’un détail de plus dans cet océan de mystères.
Ce soir, avec pour seule compagnie cette grosse araignée noire qui a trouvé refuge dans l’un de mes sacs de café, le Dispensaire de Watson me parait plus vide que jamais. Aucune lumière ne chasse la nuit de l’autre côté du petit terrain de sport qui sépare nos deux points de chute et aucun bruit n’en sort. Ce qui me permet de tergiverser sans que personne ne puisse couper court au cheminement de ma pensée.
Ils survivent dans le présent et semblent désormais négliger le passé. Il suffit que l'un d'entre eux disparaisse quelques temps pour qu'il ne devienne plus qu'un souvenir, un simple nom tracé à l'encre noire dans un vieux livre poussiéreux béni par le Grand Vide, quelques soient ses actions passées. Les derniers vestiges d'une bénédiction maudite, donnée à Realder, le dernier éclat de ce pouvoir grandiose qui moisit ici, à l'intérieur de cette petite caisse jaune, aux cotés des Corneilles de Gitanos et de l'appareil à fonctions multiples de Waam. J'ai tenté de conserver en mémoire jusqu'à la plus lacunaire des informations que je pouvais récolter en Chernarus afin de ne pas oublier ceux qui ont choisi de traverser le Voile, ceux qui se sont terrés au plus profond des bois et ce qui sont peut-être parvenu à s'abriter dans le Néant à l'insu de nos bourreaux.
Et aujourd'hui, les Réalités s'entrechoquent, elles se modifient et semblent s'influencer les unes les autres. Je ne parviens plus à les synthétiser et à en comprendre le fonctionnement. Ce que je pouvais considérer vrai hier ne l'est plus aujourd'hui. Rien de tout cela ne semble avoir de sens et la raison même de ma présence à la surface de cette terre n'est plus qu'un nuage de cendres qui se dissipe peu à peu sous les vents tourmenteurs et tourmentés de la Quintessence du Macronivers.

Tout ce que j'ai créé, tout ce que j'ai accompli ici n'est que futilité et quand bien même quelqu'un prétendrait le contraire, comment expliquer alors que je sois toujours enfermée dans cette carcasse qui n'est pas la mienne? Ce corps ne me permet pas de trouver le salut, d'accomplir mes objectifs comme je le devrais. Quoiqu'en dise Olikotora, quoique j'ai pu constater en observant ces tissus déchirés, ces os broyés et ces chairs disséquées, il n'y aura jamais rien là-dedans qui me permettra de franchir le Seuil sans en subir les conséquences.
Ma mémoire flanche et mon attention, jadis aiguisée, s'est émoussée dans ce Purgatoire. Je n'en connais pas la cause: suis-je morte trop souvent, au point d'en impacter mon essence même? Est-ce le Café des Arpenteurs qui est responsable de ce déclin? Ou bien n'est-ce pas tout simplement la lassitude qui s'est emparée de moi? Je ne souhaite affronter ni la déception de ceux qui m'ont connu alors que j'abritais encore quelques étincelles d'espoir en mon cœur, ni le mépris de ceux qui supposent que le passé n'est que le produit d'une folie collective. Je ne souffrirai pas plus longtemps les attaques de B.E.R.S.E.R.K ni d'entendre Ashley Icesinger prétendre faire partie de ma famille, famille que je n'ai moi-même jamais véritablement connu.
Le temps des adieux n'est cependant pas encore venu dans l'immédiat. Je ne quitterai la scène que lorsque j'aurai débarrassé ce dispensaire de mes souvenirs - c'est à dire le plus vite possible, et peut-être devrais-je faire de même avec Frontière d'Acier. Après tout, je ne suis que la gardienne de ce lieu en l'absence de Real'.
Realder le Voyageur... Je ne le rejoindrai pas derrière le Rideau. Pas dans les Brumes. S'il en était ressorti, d'un coté ou de l'autre, il aurait trouvé un moyen pour m'emmener avec lui. Seule, c'est peine perdue. Mais voici peut-être la clé de mes tourments et l'hypothèse sur laquelle je vais tout miser: ceux qui n'ont plus rien à accomplir ici, ceux qui ont abandonné, ceux qui ont choisi de tout lâcher... Ils ne reviennent pas: Norman Ross et Dimitri Enkidiev, Xia Wong Meïg, Lang Si Lyam et Alexandrev, Irwin Kelor, Yinho Mokoto, Siméon "Sauce" Zavos, Le Chevalier... Je n'ai pas eu le plaisir de tous les rencontrer mais tous partagent le même point commun: un goût d'inachevé.
Je suivrai leur exemple. Certains ne seront sans doute pas d'accord pour me laisser partir et bien que je ressente d'ores et déjà de l'amertume et de la tristesse pour ceux que je trahis, ça ne change rien à ma décision. Watson et Rohiro sont des génies et les prisonniers de Chernarus ont besoin d'eux, pas d'une petite Arpenteuse capricieuse et impulsive. Gitanos souhaite s'aventurer dans le Brouillard dévoreur d'âmes? Qu'il ne s'en prive pas: je ne serai plus là pour l'en empêcher. Quant à Steven et Vany, je préfère les quitter sans rien dire - encore un signe de ma lâcheté-; je n'ai jamais été douée pour les au-revoir. Il ne reste plus qu'Alice la sceptique: autant lui souhaiter bonne chance dans sa quête de vérité et tant mieux si cette dernière parvient a expliquer la mécanique démentielle de cet Enfer que nous avons déjà subi depuis trop longtemps.

Ils n'ont pas à être tenu au courant de ce que je prévois, ce qui me laissera tout le temps nécessaire pour vider les lieux. Bientôt. Bientôt viendra l'heure de noyer mon esprit dans les volutes noires de ces petits grains torréfiés avec ce qui me reste de poudre d'Ether cette fois-ci. Et si j'ouvre les yeux sur la plage battue par les vents malgré tout, il me restera toujours la possibilité de retrouver la petite maison qui m'a accueilli des mois durant et d'y rester cloitrée jusqu'à la fin des temps.
Le passé peut être transcrit en textes et en notes, le présent en paroles et en verbes. L'avenir cependant, ne se détermine que par des actions. Allez, debout. Il est grand temps de mettre un terme à cette non-existence.
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