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 Disruption: Les Noirs Ecrits de Fran Icesinger alias Frisca

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Realder

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MessageSujet: Disruption: Les Noirs Ecrits de Fran Icesinger alias Frisca   Lun 27 Fév - 23:15

Première Chanson : Requiem à mon Orgueil

Et bien… Je crois que c’est à moi maintenant, puisqu’il n’est plus là pour remplir son journal. Allez, je me lance, faisons comme lui. Attention à l’indigestion.

Frisca : un diminutif de mon nom qui ne reflète de prime abord pas du tout mon caractère. C’est Real’ qui est l’auteur de cette plaisanterie mais encore aujourd’hui, je me demande comment il a trouvé ça. A moins qu’il ne m’ai appelé ainsi par rapport à mon entêtement ? C’est bien vrai, je suis bornée et indisciplinée, j’en suis bien consciente. Mais après tout, je m’en fiche : c’est un joli surnom et je n’aime pas qu’on m’appelle Fran ou pire « Frannie ». Tsss. Realder…

Qu’est-il devenu ? Je ne peux pas croire qu’il s’agisse d’une coïncidence ! Il a disparu au moment même où je me décidais à sortir de ma cave, c’est cet agité de la gâchette avec sa tenue de médecin et ses petites lunettes qui me l’a appris. Ce mec est complètement malade ; je ne lui ai pas menti ! Je l’ai déjà vu dans mes rêves, j’en suis sûre. Et je suis certaine de ce qu’on nous a raconté aux informations à l’époque : le virus EXO doit provenir à coup sûr de la météorite qui a explosé au-dessus des pays de l’Est. On n’aurait pas pu nous cacher quelque chose d’aussi gros !

Ce Watson est peut-être très intelligent mais il est orgueilleux, imbu de lui-même. Tout comme moi. J’ai déjà compris comment Realder parvenait à le supporter, je le connais trop bien : toujours calme et posé, l’écrivain. C’est lui qui m’a montré comment manier les mots de cette façon, comment embellir un simple fait pour le transformer en aventure. Realder : je n’ai jamais réussi à comprendre notre relation. Je l’aime et le déteste en même temps : il a su créer un lien entre nous, pour donner forme et contour à l’inconcevable. Il en a d’ailleurs fait une sorte de poème que je me suis amusée à retrouver dans les premières pages de son journal.
De nous deux, je me demande finalement qui avait l’ascendant sur l’autre. J’ai toujours cru que je pouvais contrôler Real’, lui qui était si sensible et naïf. Mais je n’en suis plus si sûre aujourd’hui. J’étais toujours en tête au sein des mondes qu’il explorait et j’aimerais dire aujourd’hui qu’il ne s’agissait que de songes très détaillés que nous partagions après quelques cafetières de son étrange mixture. Parfois seulement du café, probablement le plus fort sur Terre (« Il vient d’encore plus loin que ça, ma belle. »), parfois mélangé à … ce qu’il appelait de la roche lunaire broyée (ça n’en était pas vraiment, si ?). Et parfois… parfois, il rajoutait une infime pincée d’une étrange poussière sépia. S’il s’agissait d’une drogue, nous étions sans doute les seuls à la connaitre sur notre bonne vielle planète. Mais ça ne ressemblait pas du tout à un quelconque stupéfiant. Real’ en avait apparemment une petite réserve que je n’ai jamais trouvée. De la « Poussière de Portails ». Je ne sais pas de quoi il s’agissait en vérité mais c’était absolument magnifique. Une poudre si fine qu’elle tenait plus du liquide que du solide, aux reflets iridescents lorsqu’elle était mélangée avec son terrible café. D’après Realder, c’est à un mauvais dosage que je dois la couleur de mes yeux. Initialement bleus-gris, j’ai parfois pu constater en me regardant dans un miroir qu’ils changeaient de couleur, souvent quand je suis énervée. Je déteste cette impression, celle d’avoir deux chandelles rouges à la place de mes globes oculaires. « Et alors Frisca, c’est déjà la nuit ? As-tu pensé à allumer tes feux de route ?! ». Voilà le genre de moqueries auxquelles j’avais droit ! Realder, Cold, Widow et Eva étaient les seuls à ne pas profiter de ma détresse et je pense que Realder s’en voulait terriblement.

Mais je n’ai rien à lui reprocher. Après tout, nous sommes largement quittes puisque c’est moi qui l’ai amené (quasiment de force) dans ce pandémonium. Chernarus a beau être une chouette région, ses habitants sont absolument infects envers les américaines et c’était sans doute pareil avec lui. Entre les uns qui puent la mort et qui cherchent à vous dévorer par tous les moyens possibles et les autres qui vous pointent un fusil à pompe sur la tête, je suis servie. Heureusement que le lien qui m’unit au Voyageur n’est pas encore complètement brisé. Je savais déjà pas mal de chose sur ce Watson Olikotora ou Oliko Watson… Bref, c’est sans doute ce qui m’a sauvé la vie. Si je ne lui avais pas prouvé que je connaissais Realder en lui disant les choses qu’il voulait entendre, je ne serais probablement plus de ce monde. Ou peut-être que si ?
Car j’ai lu le journal de Realder Descendres, ces Journaux Apocryphes comme il les a appelé. Mis à part le fait qu’il les ait écrits en arrachant les pages de « The Call of Cthulhu » (ce qui, en soit, est déjà un blasphème), il y a marqué des choses absolument insensées, même pour moi. Apparemment, il aurait trouvé un moyen pour vivre éternellement. Ce monde offrirait trois possibilités suite à une mort certaine : celle d’être transformée en Créature (les trucs que je découpe généralement à la tronçonneuse), celle de ne pas revenir (par choix ?) ou celle, plus tentante, de revenir en se réveillant sur la plage.

Je ne sais que penser. Le Realder que je connais, cet être calme que je pensais sage serait-il devenu fou ? Entre ses lignes, il a indiqué avoir rassemblé une quantité phénoménale de café, de plomb, et d’acier. Je connais Realder. Lorsqu’il emploit des mots comme « beaucoup », « énorme », « incroyable » et j’en passe, il sous-estime leur sens. Je pense qu’il existe quelque part en ces terres un dépôt de caféine digne de la Banque Mondiale. Pour quelle raison en aurait-il stocké autant ? C’est un mystère, mais je sais par contre ce qu’il est capable de faire s’il combine ses trois ingrédients.
En ce qui me concerne, il ne me reste plus qu’à chercher chacune des personnes mentionnées dans son journal. Le premier, Oliko, je l’ai trouvé. Si tous ont son caractère, je pense que le temps va me paraitre bien long en Chernarus…

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Sauce

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MessageSujet: Re: Disruption: Les Noirs Ecrits de Fran Icesinger alias Frisca   Mar 28 Fév - 11:35

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MessageSujet: Une Arpenteuse à Frontière d'Acier   Mar 28 Fév - 22:01

Une Arpenteuse à Frontière d’Acier

Watson, le chercheur hautain avec lequel je suis contrainte de faire équipe, m’a emmenée dans cette zone de la carte qui plaisait tant à Realder : Frontière d’Acier, encore un nom issu de l’imagination débordante de mon cher disparu. Il n’y a là-bas que quelques tentes remplies de livres et de petit matériel, ainsi que le journal d’un certain Norman Ross, que j’ai pris la liberté de feuilleter. C’était apparemment devenu un camarade proche de Real’. Après avoir lu leurs journaux, je me suis rendue compte qu’ils partageaient de nombreuses hypothèses communes mais je n’aurai visiblement pas la chance de rencontrer Norman : un cancer a eu raison de lui et il aurait décidé de ne pas revenir, à moins que quelque chose ne l’y ait forcé.
Il flotte une atmosphère désagréable à Frontière d’Acier, et je ne parle pas seulement de la collection de livres et de brassards colorés abandonnée par mon Ami, ni de l’odeur de poudre à canon et de café omniprésente en ce lieu. Non, ce qui me met mal à l’aise, c’est cette démarcation très nette entre la forêt et la vaste étendue herbeuse. Je l’avais déjà vu ailleurs bien sûr, puisque j’avais appris à mes dépens que nous étions piégés ici. Mais à l’époque, je… je ne savais pas que… que c’était cette brume qui m’avait pris Realder !
Olikotora a peut-être perdu sa femme à cause du Fléau, mais au moins, il l’a vu mourir… Bien que j’en sois sincèrement désolée pour lui, moi, je vais me morfondre chaque jour un peu plus ! Il est peut-être là, quelque part, à errer seul dans ce brouillard, sans ma force pour l’aider… Realder… Pourquoi as-tu décidé de t’avancer sans moi au-delà de la réalité ? Pourquoi n’as-tu pas continué à me chercher ? Pourquoi…

Je reprends mon stylo après avoir séché mes larmes. Personne ne m’a jamais vu pleurer et ce n’est pas aujourd’hui que ça va commencer, j’en fais le serment. J’ai toujours mené la danse avec mes amis comme avec mes ennemis. Il faut que je sois forte, que je montre à ce Watson et à tous ceux qui croiseront ma route que je ne suis pas faite du même bois qu’eux !
Pourtant, aujourd’hui, je doute. Olikotora a l’impression que j’ai été envoyée ici dans un but précis, sans doute celui de retrouver Realder et de poursuivre sa quête avec ou sans son aide. A la vérité, je n’ai qu’une vague idée de ce qu’il cherchait à accomplir. Les talkies-walkies qu’il a stocké ici doivent bien servir à quelque chose, il ne les a pas accumulé ainsi par plaisir. Ils ont peut-être un rapport avec ce qu’il a marqué dans son journal ? De la musique et des voix, à moins qu’il ait souhaité envoyer un puissant tir radio quelque part ?

Je suis fatiguée de réfléchir. Et irritée parce que je ne veux pas fermer l’œil avant ce Watson : je n’ai pas entièrement confiance en lui, et c’est réciproque. Quand va-t-il donc éteindre sa lampe, que je puisse dormir également ? La prudence me dicterait d’imposer des tours de garde, mais je préfère encore prendre des risques plutôt que de le savoir éveillé et pas moi. Demain, ce sera une longue journée : nous avons prévu de chercher Relic (un américain et militaire de surcroît, enfin quelqu’un avec qui je vais pouvoir discuter dans ma langue d’origine !). Par ailleurs, j’ai bien envie de faire un tour vers cet emplacement que Watson m’a indiqué sur la carte de la Chernarussie: il s’agit de la dernière position connue d’un certain « Fyfoo ». Ce serait une sorte de docteur de campagne qui aurait trouvé un moyen pour ralentir la propagation du virus EXO et une éventuelle mutation de ce dernier. Je n’y crois pas trop, mais qui ne tente rien n’a rien.

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MessageSujet: Worlds Collide   Jeu 2 Mar - 21:22

Worlds Collide

Ces mots, je les écris dans de bien étranges conditions. J’étais revenue à Frontière d’Acier, épuisée mais contente d’avoir enfin pu trouver un survivant agréable à entendre, ce Fyfoo, membre des « Lost Riders ». Et voici qu’une Distorsion a frappé le monde à ce moment-là. Un Ouragan de Portails. Cette expression, je pense qu’elle vient d’un passé lointain, peut-être qu’elle a pour origine les aventures que nous vivions, Realder et moi. Il ne me reste plus rien, sauf mes précieux journaux : le mien, celui de Norman Ross, et bien sûr, celui de Real’. Etrangement, cette tempête (c’est du moins ce que ça m’évoque) n’a pulvérisé que la couverture de ces écrits. Leurs pages demeurent-elles hors du temps, reliques inamovibles du Grand Vide ? Il y a une sorte de magie derrière tout ça, une technologie à des années-lumière de la nôtre ou une altération totale des règles de la physique. J’ai vécu la tempête et je sais ce qu’elle m’a fait : j’en suis morte.
D’autres que moi ont peut-être vécu le phénomène différemment, c’est possible. Je pense que la mort est différente pour chacun d’entre nous… Ce que j’y ai vu, c’est l’effondrement d’une partie de la réalité sur elle-même, la naissance d’un nouvel univers ou la destruction d’un plan dans son ensemble. Comme parfois, durant nos voyages avec Realder. S’agissait-il de la réalité, de visions ou de rêves ? Je ne saurai le dire. Ce dont je suis certaine, c’est que nous nous échappions toujours avant qu’il ne soit trop tard.
Pas cette fois-ci. Comme d’habitude, mon Realder avait raison : je me suis réveillée sur la plage. Ce que je ne comprends pas, c’est que je m’en souvienne si distinctement et que j’ai réussi à conserver les mémoires de ceux qui ont réfléchi sur la nature de notre prison, et les miennes par la même occasion.

Je regarde peu à peu le monde reprendre sa forme habituelle. Il ne doit plus rien rester de Frontière d’Acier, ni d’Enclave de Plomb. Les radios et les livres de Realder ont été semés aux quatre vents et dissouts dans le Chaos Cosmique. De nos abris de toile, il ne reste plus que des morceaux de tissu flottant dans l’éternité. Nous repartons tous de zéro. Mon Ami serait déçu d’apprendre que son stock d’armes et de munitions n’a servi à rien. J’espère le retrouver bientôt… Qui sait, peut-être que cette tempête d’énergie pure l’aura fait sortir de sa brume ? J’en doute cependant. Tel que je le connais, il n’a dû écrire dans son journal que la moitié des choses qu’il avait compris. Se jeter dans le brouillard ainsi, sur un simple coup de tête…ça ne lui ressemble pas. Il a dû s’y aventurer pour une bonne raison. Quelle douleur de ne pas être avec lui…
L’Ouragan lui a-t-il seulement laissé son précieux café ? Je pense que Realder a pris toutes ses précautions. Si quelque chose a résisté à la destruction, c’est bien ses sacs de grains torréfiés. Soit ils sont enterrés quelque part, soit ils sont cachés à l’intérieur des terres, dans les bois. Et si c’est le cas, j’ai peut-être un début de piste. Le premier ingrédient est là, sous nos yeux. Realder ne serait-il pas parti en chercher d’autres un peu plus… épicés ?

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MessageSujet: L'Aventure commence   Mar 7 Mar - 23:01

L’Aventure commence

Avec un grand « A » dirait-on. Ces derniers jours ont été les plus excitants depuis bien longtemps. Je n’arrive pas à croire que j’étais encore cloitrée dans une cave il y a environ deux semaines. Bien sûr, j’ai un peu forcé le destin…

Comme toujours, tout commence par de nouvelles rencontres. Sans nouvelles de Watson depuis la tempête, je me suis décidée à arpenter la côte en direction de cette ville, Kamenka. « Arpenter »… Voilà encore un terme qui me colle à la peau. Je suppose qu’on peut me donner ce titre, comme à tous les membres de notre groupe de départ. Pour le meilleur et pour le pire, j’étais, je suis et resterai une Arpenteuse avant tout. C’est avec ses pensées en tête que j’ai rencontré Irwin, en parvenant à « Cherno ».
Irwin Kelor pour être plus précise. Pompier de profession, ce français m’a semblé de prime abord quelque peu lourdaud. Vous en connaissez beaucoup, vous, des gens qui traversent au passage piéton en pleine apocalypse, qui regardent des deux cotés de la route et qui essaient de dialoguer avec les Marcheurs ? Je me suis longtemps torturée l’esprit à essayer de le raisonner, à lui expliquer que notre monde, déjà corrompu à la base, était devenu un véritable enfer. A peine rencontré, j’avais déjà envie de le laisser en plan, de le laisser se débrouiller tout seul avec les zombies.
Mais quelque chose chez lui m’a retenu et au final, j’ai bien fait de rester à ses cotés. Je ne parle pas de ses manières raffinées ni de son côté charmeur, ni même de sa capacité à réparer puis à conduire tout type de véhicules. Non, tout ça, c’est du vent pour moi.
Il y a deux choses qui m’ont incité à rester auprès de lui : la première, c’est que notre crédo « Working to make a better tomorrow for all mankind » m’empêche de laisser ceux qui œuvrent pour le bien en arrière. La seconde et non la moindre, c’est que j’ai parié sur le fait qu’Irwin pouvait changer, s’adapter. Et je ne me suis pas trompée. En l’espace de quelques jours, Irwin a… « grandi », bien plus que ce que je croyais possible au départ. Peut-être l’ai-je influencé. A moins qu’il n’ait eu besoin que d’une impulsion pour se mettre en mouvement… Il s’évertue encore aujourd’hui à appeler les Marcheurs des « Malades » (alors que nous savons tous que ça fait belle lurette qu’ils sont passés de vie à trépas) mais c’est la seule mauvaise habitude qu’il a conservé.
Nous avons vécu de nombreuses péripéties ensemble ces derniers jours, la plupart dues à des véhicules réparés à la va-vite. Car aussi étrange que cela puisse paraitre, ce fameux « Ouragan de Portails » semble avoir eu pour effet de semer en Chernarus des bus, camions et autres voitures un peu partout. Et pas seulement des carcasses, mais bel et bien des véhicules parfois en assez bon état. En tout cas, si ces derniers étaient déjà là avant, ni mon Realder ni Normann Ross ne l’ont mentionné dans leurs journaux. Comme prévu, les choses deviennent de plus en plus étranges ici-bas.

Ces mésaventures ont finalement eu un coté positif : après plusieurs accidents (un arbre de direction démoli, une boite à vitesse qui saute, un pneu qui explose…) et des jours de marche au milieu des Grisâtres, nous avons finalement trouvé refuge au sein d’une petite communauté de survivants accueillants bien que cadrés par des règles extrêmement strictes. Une sorte de village, géré par un homme pour le moins… intrigant. Un mélange entre un cow-boy et un croisé, qui se fait d’ailleurs appeler « Le Chevalier ». Lui et ses compagnons semblent œuvrer à leur manière pour instaurer au sein de ce monde un lieu où il fait bon vivre. Et bien… je n’aurai jamais cru dire (ou plutôt écrire) ça un jour, mais je suis heureuse d’avoir pu m’établir ici, à Rive-bois (ce nom m’évoque quelque chose...), au moins pour quelques temps. Même avec ce règlement, me poser pendant quelques temps ne me fera pas de mal. Bien sûr, j’aurai souhaité disposer de mon entière liberté : être à Frontière d’Acier avec Realder, Widow, Cold et Eva - et aussi Irwin pourquoi pas ?… Mais c’est un rêve qui ne risque pas d’arriver de sitôt.
Je ne devrais pas me plaindre. Je suis en relative sécurité ici. Non seulement, je peux dormir sur mes deux oreilles, entre quatre murs mais je suis également protégée par la milice de Rive-bois. Le Chevalier bien sûr, mais aussi ce fameux « Crocodile Dundee », Syméon il me semble (et d’autres que je n’ai pas croisé assez longtemps pour me rappeler de leurs noms). Qui sont-ils et d’où viennent-ils, je n’en sais rien. Irwin Kelor ne leur fait pas entièrement confiance et je ne peux pas lui en vouloir : moi non plus je ne sais rien d’eux. Mais quelque chose me dit qu’ils ne sont pas comme ces survivants soumis à leurs pulsions les plus bestiales. Car ils abritent un enfant dans ce campement. Un gosse, Maurice Ravel, qui aurait apparemment une quinzaine d’années.
Quinze ans, c’est l’âge d’un adolescent, c’est vrai. Mais ça ne compte pas pour ce petit bonhomme. Apparemment traumatisé par la disparition de ses parents, son esprit semble être resté au stade de l’enfance. Et quand bien même ce ne serait pas le cas, jamais je ne tolèrerais qu’on fasse du mal à un gamin. Je ne sais quel instinct parle pour moi mais Maurice est à lui-seul, un symbole. S’il a réussi à survivre jusque-là, c’est qu’il y a encore un espoir. J’aimerais m’occuper de lui, reprendre son éducation ou au moins lui inculquer les valeurs que je pense justes. Mais je n’en ai pas le temps.

J’ai des tâches qu’il me faut mener à bien. Elles ont été commencées par un être qui m’a abandonné à mon sort et qui m’a laissé seule dans les Méandres de l’Apocalypse.

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MessageSujet: Riverwood   Mer 8 Mar - 22:42

Riverwood

Qu’il est agréable de se reposer dans la relative quiétude de Kabanino, alias Rive-bois : une pause que j’estime méritée après ces péripéties aux cotés d’Irwin. Je m’acclimate peu à peu à cette vie : Le Chevalier nous a fourni de quoi nous loger, une grande tente militaire et une plus petite, douillette et confortable. J’ai déjà commencé à y stocker le produit de mes expéditions dans les villes alentours. Tout comme d’autres l’ont fait avant moi, je me suis lancée dans la collection de livres. C’est une course amicale que je pratique avec Le Chevalier puisqu’il apprécie aussi la lecture. Pour la première fois depuis bien longtemps, j’ai enfin l’impression de pouvoir profiter un peu de ce monde, bien qu’il reste hostile et dangereux dans l’ensemble. Ce village n’en est pas moins un petit cocon de tranquillité, à mi chemin entre l’immense tour radio de Green Mountain et le vaste aéroport militaire, l’Airfield, que Realder semble avoir traversé si souvent.
Je ne suis pas comme lui, même si je le comprends. Là où mon cher disparu préférait protéger son corps d’un lourd harnois balistique (ce que m’a indiqué Olikotora), je me contente d’un équipement plus léger et qui reflète bien ma nature. C’est toute de noir vêtue que j’arpenterai Chernarus - à l’exception des brassards orange des Arpenteurs : veste en cuir, jean ou cargo, converses aux pieds, gants de riders… Quitte à mourir, autant mourir avec style. Il ne me manque plus qu’à modifier ma radio pour émettre autre chose que des grésillements, comme savaient apparemment le faire les alliés de Real’.

Je me fais peu à peu ma propre idée sur ce monde et je me rends compte que je n’ai pas à suivre aveuglément les traces de Realder. Certes, un lien nous unit toujours, aussi fin soit-il. Mais rien ne m’oblige à me retirer loin de tout, près des froides frontières boisées de Chernarus ou bien au milieu des arêtes de pierre acérées. J’ai gardé mon libre-arbitre et je poursuivrai la voie du Catalyseur comme bon me semble. De toute façon, je crains de n’avoir pas le choix.
Car des rumeurs ont commencé à circuler à Kabanino : La R.E.D, l’une des factions les plus influentes de Chernarus (accessoirement le cauchemar de Realder et de son ami Ross d’après leurs journaux), aurait fini par se fractionner. De cette scission seraient nés deux groupes. Le premier, dirigé par le leader initial, Xia Wong Meïg, ne partagerait pas l’idéologie exacerbée du second. En résumé, le fanatisme de certains membres de cette faction aurait franchi un nouveau seuil. Je pense qu’il est temps de faire quelque chose à ce sujet. De telles entités doivent être mises hors d’état de nuire une bonne fois pour toutes ou doivent se ranger dans le camp de ceux qui essaient d’organiser le monde de manière pacifique. J’ai rencontré un des membres de cette équipe et j’ai entendu ce qu’il m’a dit : derrière ses belles parole, il m’a annoncé que Zelenogorsk était « sa ville » et qu’il se permettrait de réquisitionner tous les bérets et brassards rouges qu’il trouverait. Notre dialogue s’est déroulé sans violence, je lui accorde ce point. Mais qu’en aurait-il été si j’avais disposé d’une de ces marchandises ? Je refuse d’accepter ce genre de choses : l’Histoire a montré que ça ne pouvait que s’envenimer. En acceptant pareilles sornettes, on finit par jeter des livres au bucher et des gens au goulag. Ce n’est pas digne d’un monde sain, pas plus pour un survivant que pour un gosse comme Maurice.
Pire encore, des bribes de conversations sont parvenues à mes oreilles : on dit que la R.E.D est en partie responsable de la chute des Lost Riders. Fyfoo ! Si c’est vrai, il va falloir que j’aille enquêter sur place, voir ce qu’il en est de mes propres yeux ! Je me fiche de la façon dont Fyfoo et ses Losts produisaient ce fameux remède. L’important, c’est que ça marchait, plus ou moins bien, certes, mais ça fonctionnait ! C’est eux qui m’ont immunisée en partie contre le virus EXO et je sais que Realder les appréciait beaucoup pour ce qu’ils accomplissaient.

Encore une fois, je vais devoir prendre la route. Irwin m’accompagnera peut-être, ainsi que Watson si le cœur lui en dit (j’aimerais autant qu’il ne vienne pas si c’est pour me lancer son habituel regard noir). Une chose est sûre, je ne suis pas comme Realder : moi, j’ai choisi mon camp. Je ne chercherai pas le conflit, mais si je croise à nouveau ce Yinho Mokoto, je tenterai de lui tirer les vers du nez.
Je vais rester ici encore un ou deux jours je pense. Soigner mes bleus, m’occuper de mes affaires, et relire une fois ou deux les Journaux Apocryphes. Puis je partirai au Nord de l’Airfield, là où j’ai croisé Fyfoo pour la dernière fois. J’espère qu’il va bien. Le sort de Chernarus en dépend, et peut-être même celui du monde une fois que j’aurai trouvé le moyen de dissiper la brume.

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MessageSujet: Les réflexions d'Icesinger   Mar 14 Mar - 23:07


Les réflexions d’Icesinger


J’ai relu plusieurs fois les Journaux Apocryphes de Realder Descendres. Il faut bien ça pour parvenir à percer les multiples strates de son écriture tortueuse et compliquée. Mais comment pourrait-il en être autrement ? C’est l’image même de son cœur qui transparait dans ces pages, un épais volume qu’il a pris soin de façonner à son image. Irwin ne l’aime pas beaucoup j’ai l’impression, mais je ne m’en soucie plus. Je le comprends tout à fait néanmoins: le nom de mon Ami est présent dans chacun des chapitres de mon propre journal. Même disparu, Realder fait toujours parler de lui et je ne peux m’empêcher de le citer ou de suivre le cheminement de ses pensées.
Il y a une raison à cela, et pas seulement due au fait que nous partageons la même idéologie. J’ai étudié ses textes les plus noirs et les plus ésotériques. Mon nom aussi y apparait souvent, et pas toujours d’une manière flatteuse. Je pense que c’est dans ces éclats de rages et ces mots chargés de passion qu’il a placé ses souvenirs les plus intimes et les plus forts. De ce que j’ai pu constater, Real’ n’était pas fou lorsqu’il écrivait ces mots, ni même drogué à la caféine. Au fond de lui, il a toujours été comme ça et tous les Arpenteurs le savent. Chacun des étranges paragraphes qu’il a rédigés m’évoque quelque chose, et ce n’est pas toujours agréable. Il ne me reste qu’une chose à faire pour en comprendre pleinement le sens. Et avec ce qui m’est arrivé… tout devient soudain beaucoup plus simple.

Comme toujours : Realder avait au moins trois longueurs d’avance sur n’importe lequel d’entre nous. Il avait compris qu’il était possible de se jouer de la mort, même s’il n’en avait pas détaillé les effets avec précision dans son journal. En ce qui me concerne, je me souviens de peu de choses et je m’empresse de les marquer ici avant qu’elles ne s’estompent. Par ou commencer…J’ai vécu ma mort par deux fois, à moins qu’il ne s’agisse que de cauchemars particulièrement détaillés. Partons du principe que ces horribles instants au sein du néant sont bien réels. Ma première mort, je la dois à la tempête, à cet Ouragan de Portails qui a ravagé Chernarus. Mais ça, je l’avais déjà mentionné auparavant. Ce soir, c’est à ma deuxième fin que je fais allusion. J’ai été tuée de sang-froid… Mais sans aucun doute l’avais-je bien cherché.
Un message m’est apparu dans le néant, et c’est en lui répondant que je me suis retrouvée quasiment nue sur la plage, trempée par les embruns et par une pluie battante. A nouveau moi-même, Fran Icesinger, la Chanteuse des Glaces : Frisca. C’est bien mon corps, pas de doute : jusqu’au tatouage sur mon épaule, jusqu’à mes yeux, qui luisent en ce moment dans la nuit. Le Grand Vide est capricieux aujourd’hui : il me rappelle que je ne suis finalement que le Bouclier de Realder - ou plutôt de celui qu’il était avant de tracer la voie de sa rédemption. Peut-être aurais-je dû répondre autre chose à cette étrange lumière… La mort définitive, existe-t-elle vraiment ? J’ai choisi de l’ignorer : il me reste quelque chose à accomplir ici-bas. Et je ne parle pas de ce qui m’a mené à ce point de non-retour.
Comme l’avait dit mon cher écrivain, qu’elles se débrouillent entre elles ces factions maudites. Pour venger un seul homme, j’ai pris d’énormes risques, j’ai fait de mauvais choix et voici le résultat. Trahie, mon essence brisée et ramenée malgré tout d’entre les morts pour honorer ce qui fait de moins une Arpenteuse. Alors que même Realder m’a laissé seule à diriger son navire dans la tourmente, à travers les flots affamés du temps et de l’espace. Avant de rendre mon dernier soupir pour la seconde fois cependant, j’ai senti quelque chose : une voix, d’où qu’elle vienne, a murmuré mon prénom. Pas celui que les Arpenteurs m’ont donné lorsqu’ils m’ont tendu la main, mais celui que j’ai reçu à la naissance : Fran. Je n’ai pas rêvé : il y avait dans cette salle d’interrogatoire quelqu’un ou quelque chose qui n’appartenait ni aux Arpenteurs, ni à la R.E.D, ni a aucune équipe encore active sur Chernarus. Ce n’était pas non plus les paroles lancinantes de Realder, ni celles de la brume qu’il entendait parfois.

Que diront-ils lorsqu’ils me reverront ? Aurai-je à nouveau droit à une ou deux balles bien placées ? Je ne peux que me l’imaginer. En ce qui me concerne, c’est du passé pour moi. Je ne regrette qu’une chose : j’ai entendu la voix de Maurice avant de sombrer et j’espère qu’ils ne lui ont rien fait. Mais même dans ce cas, j’ai peur qu’il ait assisté à mon exécution. Si c’est le cas, me rejettera-t-il si je parviens à retourner à Rive-bois ? C’est que j’avais fini par l’apprécier moi, ce gamin… Derrière le rempart de ses injures et de ses bêtises, il reste à n’en pas douter bien plus honnête et bon que n’importe lequel d’entre nous.
De tous les autres, tous ceux qui ont assisté à mon interrogatoire puis à ma mort de leur plein gré, aucun n’a eu la présence d’esprit de me poser les bonnes questions. Ils étaient trop contents d’avoir attrapé Fran Icesinger, pensant que j’étais une figure de proue de la lutte anti-R.E.D. Ils m’ont donné une importance que je n’avais pas ; ils verront bien en arrivant à Frontière d’Acier que je ne leur mentais en aucun cas. C’est trop tard pour eux maintenant. Cette histoire m’a convaincu d’éviter de chercher à nouveau à m’immiscer dans les affaires du commun des mortels. Ils me croient morte et c’est tant mieux. Je sais désormais qu’ils se fichent éperdument du stock de café que Realder a caché en Chernarussie et qu’ils ignorent tout de mes véritables desseins. J’en sais également plus long sur Irwin. Et à vrai dire, ça ne me fait ni chaud ni froid. Peu importe la raison pour laquelle il m’a vendu aux brassards sanglants. Je ne lui en veux même pas. A dire vrai, il m’a déçu, mais ce n’est qu’une contrariété parmi tant d’autre. Il a profité de ma solitude pour obtenir ce qu’il voulait puis m’a finalement vendue à ceux qui me recherchaient, sans doute contre rétribution ou pour satisfaire son orgueil.

J’ai la voie libre pour faire ce que je veux. De tous ceux que j’ai rencontré, c’est finalement avec Watson, alias Olikotora, que j’ai le plus le plus de chance de m’en sortir. Seule ou avec lui, je tracerai ma route en parallèle de celle de mon Realder. D’autres que moi se sont écartés du monde et pour ce que je compte obtenir, il me faut les retrouver : ou est ce Relic qui semblait savoir tant de choses sur les mystères du Fléau ? Je n’ai entendu parler de lui que très rarement alors que mon cher écrivain semblait lui accorder une grande importance. Peut-être qu’il sait ou est sa réserve de café ? Quoiqu’il en soit, à moins que l’on m’accepte encore à Kabanino, je n’ai nulle part ou aller : Il ne reste plus rien à Enclave de Plomb depuis la tempête et Frontière d’Acier va sans doute être prise d’assaut d’ici peu.
Je pense avoir retranscrit l’essentiel ce soir. Je suis épuisée mais ça en valait la peine : si je me réveille demain avec l’impression d’émerger d’un rêve, il me suffira de lire mon journal pour me rendre compte qu’il s’agit de la vérité - ou d’une vérité. Le multivers est vaste et ses possibilités sont infinies.

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MessageSujet: Un monde à part: Premier Flocon   Lun 20 Mar - 22:48

Un monde à part : Premier Flocon

J’en ai vécu des aventures, mais les rebondissements qui ont suivi ma mort puis ma… renaissance sont dignes de figurer dans les archives des Arpenteurs. En l’espace de quelques jours, j’ai dû goûter à toutes les saveurs des émotions humaines : effroi, colère, soulagement, joie, tristesse… Ce banquet n’a laissé aucun repos à mon esprit et m’a laissé tremblante, incapable de faire autre chose que de rédiger ce journal qui commence à prendre la même forme que celui de Real’. Ces tournures de phrases, ces demi-mots et leur sens caché, ce sont les siens. Mais c’est mon histoire que je raconte sur ces pages, la mienne seule. Si tu en as le temps, Lecteur, Lectrice, alors viens, je t’en prie. Tu ne me rencontreras peut-être jamais car je ne sais pas combien de temps il me reste : après tout, je suis déjà morte au moins deux fois dans ce monde. Et d’autant que je m’en souvienne, mon  corps a également été brisé dans d’autres univers, à l’époque - pas si lointaine - où je parcourais encore le Grand Oignon Cosmique aux cotés de ceux dont j’ai oublié les noms.

C’est aussi simple que ça. L’oubli est le suprême refuge mais cette chance ne m’a pas été accordée. Lorsque je suis retournée à Rive-bois, je n’avais rien oublié de ma sinistre péripétie. Pourtant, on m’a accueillie à nouveau. Avec circonspection, certes, puis avec plus de chaleur lorsqu’on m’a reconnue. Je n’ai pas été chassée du village ni même rejetée par les Templiers alors qu’ils avaient toutes les raisons de me haïr. N’ai-je pas amené un conflit jusqu’à leur porte ? Et pourquoi ne me considèrent-ils pas comme une revenante, ou pire, comme ces Grisâtres qui hurlent dehors ? Je suis toujours la même mais ils savent ce qui m’est arrivé. Alors pourquoi m’accepter ? Je ne chercherai pas à le savoir. Ce dont je suis certaine, c’est que je ne me suis pas trompée à leur sujet : Le Chevalier, Syméon Zavos, Yuri… Ces gens sont tout simplement formidables. Qu’importent leurs excentricités ? Le Chevalier peut bien cacher son corps et son visage sous son lourd harnois… Syméon peut bien vivre dans sa mélancolie comme il le souhaite et adopter le style de Crocodile Dundee. Je me fiche de ce que les autres peuvent penser d’eux. Ils ont cent fois prouvé que leur cœur était bon et je ferai tous les efforts possibles pour en faire autant.
Je me sens tellement stupide. Pour ça et parce que  mon chemin a croisé celui de Yinho Mokoto une nouvelle fois. L’homme qui a tiré sur moi n’y est pour rien. Il n’est pas responsable de ma mort car il m’avait laissé le choix. Par orgueil et par défi, je lui ai tenu tête, alors que je n’étais pas en position de revendiquer quoique ce soit. Par ennui, j’ai pris part à un conflit qui n’était pas le mien, plaçant ma vie sur la balance, convaincue de mon retour parmi les vivants. En cela, j’ai fait confiance aux écrits de Realder… et heureusement, il avait raison, comme toujours. Mais là n’est pas le problème : Yinho ne pouvait croire en mon retour à Kabanino. Si j’avais continué à lui parler seule à seul, m’aurait-il à nouveau envoyée dans le néant ou serait-il devenu fou ? J’ai fait une terrible erreur : en refusant de travailler avec la R.E.D, j’ai mis Olikotora en danger. Et pourtant, c’est lui qui est venue débloquer l’impasse dans laquelle nous nous étions enlisés. Car c’est bien Oliko qui a expliqué à ce Mokoto la raison de ma « résurrection » et toutes les théories qui en découlent. A force de traverser Chernarus aux cotés de mon cher écrivain, Watson a du troquer une partie de son esprit rationnel contre quelque chose de plus… spirituel. Pourtant, je suis intimement convaincue qu’il existe une explication à tous ces phénomènes. Je n’aurai jamais cru voir ça un jour mais Oliko va peut-être mettre quelques unes de ses compétences au service de la R.E.D. Je me suis sentie tellement idiote face à Yinho. Dans l’histoire, ce n’est pas lui le méchant communiste. C’est bien moi qui suis responsable de cette tension, du moins en partie. Je n’aurais jamais dû écouter Wong : je pensais œuvrer pour une noble cause alors qu’il ne s’agissait que de la vengeance d’un homme contre sa propre création. Yinho Mokoto et ses alliés me pardonneront-ils et accepteront-ils ma présence en Chernarus ? Je le constaterai par moi-même. Si je suis ignorée, je pourrai toujours essayer de finir mes jours à Rive-bois… à moins que je décide de rejoindre Realder dans la brume.

Lorsque j’ai rencontré Olikotora, je n’ai pas compris comment Real’ avait pu lui accorder sa confiance, et mieux que ça, sa considération. Je le sais maintenant : Watson a peut-être des défauts mais il est droit, juste, et bien plus réfléchi que moi. Ces derniers jours, je n’ai fait qu’accumuler les erreurs : j’ai fait confiance aux mauvaises personnes, j’ai joué avec le feu et j’en ai payé le prix. Mon moral est au plus bas : j’ai l’impression d’être un poids pour tous ceux qui essaient de faire changer les choses, en bien comme en mal. Comment auraient réagi les autres Arpenteurs ? Suis-je réellement digne d’en faire partie ? Je n’ai pu m’empêcher de remarquer le brassard orange sur le bras d’Olikotora. S’il savait… Il ne porte qu’une partie de nos couleurs. Orange sur fond noir, voilà ce qui nous différenciait des simples Veilleurs. Toutes ces choses me reviennent en tête avec un peu de ce café que j’ai trouvé sur la route. Ce ne sont pas les grains chargés de puissance de Realder mais ça fera l’affaire.
Je garderai cette boite près de moi en attendant de mettre la main sur la cache Lambda légendaire. Il me reste encore beaucoup de choses à noter dans mon journal. Des choses qui ont un rapport avec les deux personnes que j’ai rencontré dernièrement… Mira bien sûr, la nouvelle arrivante à Rive-bois, et cet étrange individu… Il y a quelque chose qui cloche chez lui, et je ne parle pas de son état mental. Il y a des auras qu’on n’oublie pas. Le Grand Vide laisse sa marque sur ceux qui prennent le risque de s’y plonger…

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MessageSujet: Re: Disruption: Les Noirs Ecrits de Fran Icesinger alias Frisca   Lun 20 Mar - 23:59

excellent ! to be continued
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MessageSujet: Un monde à part: Tempête de Neige   Mer 22 Mar - 22:16

Un monde à part : Tempête de Neige

Au début de notre histoire, le monde a sombré dans la panique. Ce n’est qu’après la seconde mutation du virus EXO que des équipes de choc, les fameuses « Team Alpha » ont été envoyées ici pour faire leurs petites affaires. Comme toujours, c’est grâce à la mine d’informations laissée par Realder que j’ai appris qu’il restait peut-être quelques membres de cette équipe ici-même, en Chernarus. En suivant sa voie, je comptais les trouver. Et je n’ai pas été déçue.

C’est sur Roger que je suis tombée. Un américain malgré un nom typiquement français. Un homme étrange aussi, qui n’a pas voulu retirer son masque à gaz de son visage, ni la casaque de pompier qu’il portait sur la tête. Cache-t-il quelque chose sous ces lourdes protections de métal et de polymères ? Si c’est le cas, il n’a pas voulu me le montrer et je respecte son choix. Après tout, j’ai moi-même toujours une paire de lunettes d’aviateur sur moi, dans le cas où mes yeux voudraient encore me jouer des tours. J’ai cependant vite compris que le dialogue risquait d’être à sens unique : Roger est aussi peu loquace que Syméon « Sauce » Zavos. Si je lui ai imposé ma présence, c’est parce que j’avais mes raisons : je voulais noyer mon chagrin loin de Rive-bois, dans ce bar dont plusieurs survivants m’ont parlé et vers lequel il se dirigeait. Il existerait en effet un groupe de mercenaires reconvertis en vendeurs de boissons fortes vers l’ancien aéroport de Krasnostav. Ce soir encore, je me dis qu’il faudrait que j’aille y faire un tour. Je n’ai jamais vraiment apprécié l’alcool mais si je peux oublier mes malheurs ne serait-ce qu’un temps… cela vaudra bien un mal de tête carabiné au réveil. J’en ai assez de me réveiller toutes les nuits avec des sueurs froides, en repensant à la trahison d’Irwin… à son regard froid lorsqu’il est revenu lui aussi d’entre les morts… au souffle brulant de la balle qui a ricoché sur mon crâne et à celle qui a mis fin à mes souffrances en traversant ma nuque… C’est un fardeau trop lourd pour moi. J’ai toujours joué les dures à cuire face à l’adversité. Mais aujourd’hui, privée de mon soutien le plus cher, seule face à tous ces inconnus, je ne me sens pas de taille à lutter.

Pourtant, il a bien fallu que j’engage un spectre de conversation avec Roger. J’aurai pu lâcher l’affaire, surtout compte-tenu de mon état. Mais je ne l’ai pas fait. Parce que nous n’étions pas seuls sur le chemin que nous avons emprunté. A travers ses marmonnements et ses éclats de colère, j’ai cru comprendre que quelque chose rongeait l’esprit de l’ancien membre de l’équipe Alpha. Une sorte de lien, de fantôme… Une âme en peine à la limite entre deux mondes, un certain « Carl ». D’aucuns pensent peut-être que Roger est fou et je serais tentée d’aller dans leur sens. Mais quelque soit sa névrose ou l’entité qui l’habite, elle ne lui a pas moins permis de savoir des choses qu’il n’avait pas à connaitre. Mon nom par exemple, alors que je ne lui avais jamais dit. Et d’autres informations encore. Cet homme baigné de mystère, il me faudra le retrouver. Nous avons été séparés lorsqu’une meute de loup nous a attaqués dans les bois, alors que nous venions tout juste de trouver un vieux V3S décrépit mais fonctionnel. D’où venaient-elles ces bêtes sauvages ? Roger - et surtout son fantôme - semblaient les connaitre, comme s’ils avaient déjà eu affaire à eux. Dans ma fuite, poursuivie par la horde, j’ai cru entendre une voix les appeler : « Parle aux Ombres », « Œil de Nuit »… et bien d’autres noms encore. La même voix que celle qui a murmuré mon prénom avant que l’on m’exécute, j’en suis sûre.
Qu’est-ce que ça veut dire ? Je ne le saurai que lorsque j’aurai retrouvé Roger et son… parasite. Les loups m’ont écarté d’eux et m’ont finalement laissé partir après avoir essuyé quelques coups de mon canon scié. Avant de tomber dans l’inconscience, griffée, mordue, entaillée de toute part et percluse de fatigue, j’ai dû en tuer trois ou quatre, brisant ainsi la cohésion de la meute. Il s’en est fallu d’un cheveu… Aurais-je sombré une troisième fois dans l’au-delà ? Je préfère ne pas me poser la question. Ce soir, je m’estime heureuse d’être revenue à Rive-bois en vie. Il me reste encore à parler de la jeune fille fraichement arrivée ici et je ne veux pas m’attarder plus que ça sur ce qui s’est passé dans ces bois sanglants.

Elle s’appelle Mira. Mira Noskov, chernarussienne et militaire de profession du haut de ses 22 ans. Autant que je l’écrive tout de suite : elle est follement amoureuse d’Irwin Kelor, celui-là même qui m’a jeté en pâture à la R.E.D lorsque j’en avais encore quelque chose à faire. Je pourrai la détester pour cela mais tout ce que j’arrive à ressentir pour elle, c’est de la tristesse, et peut-être de la pitié. Le cœur a ses raisons que la raison ignore après tout. Et son histoire est si semblable à la mienne… Elle aurait pu retrouver Irwin si elle avait atteint Rive-bois il y a encore quelques jours. Tout comme pour moi et Realder Descendres. Si j’étais sortie plus tôt de ma cachette, rien de tout ça ne serait arrivé… Pourquoi devrais-je lui en vouloir ? Je ne l’ai pas encore jugé mais elle m’a tout l’air d’être une enfant qui a dû grandir trop vite au sein d’un monde de plus en plus ravagé. Et elle n’a jamais vu Irwin autrement qu’en photographie : d’après ce qu’elle m’a raconté, leur relation était plutôt platonique… En cela, son histoire s’oppose à la mienne, mais les sentiments demeurent inchangés. Qu’il soit consommé ou non, l’amour est une douce musique, une mélodie suave dont on n’entend plus que quelques notes ici-bas. En Chernarussie, rares sont ceux qui peuvent encore se vanter de compter un être cher dans leurs rangs.
J’ose espérer pour Mira qu’Irwin tenait vraiment à elle et qu’elle n’était pas son jouet. Irk devait l’aimer à en juger par ce que la jeune fille a retrouvé dans sa tente. Ni plus ni moins que son arme, sans crosse et avec son nom gravé sur la carcasse. La militaire m’a confirmé qu’il s’agissait bien de son arsenal qu’elle croyait avoir perdu suite au pillage de sa caserne. Irwin n’était peut-être pas l’homme enfermé dans le carcan des règles et des bonnes manières que j’avais rencontré au départ, ni l’être froid et calculateur prêt à trahir ses alliés selon son envie. Il était peut-être quelque chose entre les deux et devait avoir ses raisons…

Ce café me dit que je ne me trompe pas. J’entends presque Realder acquiescer de l’autre coté du lien qui nous unit encore. Est-il seulement toujours en vie ou est-ce l’ombre de son cœur que je sens battre à la limite de ma conscience ? Qu’importe. Tout comme Irwin, je suis sensée trainer nombre de casseroles derrière moi. Peut-être bien plus que tu ne peux l’imaginer, cher Lecteur, chère Lectrice. Je ne vois pas le passé de mon âme avec autant de clarté que ce que Real’ pouvait contempler ou entendre. Mais des bribes de souvenirs dansent tout de même au fond de ma mémoire. Et ces paroles que je vais jalousement enfermer ici, ce ne sont pas les miennes.

« Une tour se dresse dans le lointain. Un écho des plus odieux en est projeté par-delà le Grand Vide et la Vortessence se trouble d’images terribles. Cette cacophonie porte dissonance à la Musique des Sphères alors hâte-toi vers cette Aiguille de Fer, ma belle, et arrache quelques secrets à ce Monde Clé. »

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MessageSujet: Un monde à part: Blizzard Tourmenteur   Mar 28 Mar - 23:12

Un monde à part : Blizzard Tourmenteur

Je t’ai entendu et comme tu le désirais, j’y suis allée. Mais pas pour toi, Realder. Pourtant, chaque seconde qui passe, je ne cesse de penser à toi : tu me manques terriblement mais je te déteste aussi car tu m’as abandonné. Sans toi, les Arpenteurs sont livrés à eux-mêmes et tâtonnent dans le noir pour retrouver leur chemin. Là-haut, à Altar, je suis la seule Veilleuse à avoir vu ce qui s’est passé et par ta faute, je vais à nouveau devoir jouer en première ligne. Te rappelles-tu seulement de ce que tu avais écrit dans ton journal ? « Il y a quelque chose là-haut qui nous observe ». J’ai pris grand soin de tes écrits et de ceux de Norman Ross pour toi. Visiblement, je n’aurais pas dû. Ces ouvrages, je ne sais par quel noir rituel tu les as marqué, mais ils se réparent d’eux-mêmes. Le tien, « The Call of Cthulhu » dispose à nouveau de sa couverture et son encre semble pulser comme le sang d’un dragon endormi. Celui de ce Ross que je n’ai pas connu est encore en mauvais état mais peu à peu, son titre redevient lisible : « The Metamorphosis ». Je disposais déjà de deux artefacts dans ma tente mais le destin ou un quelconque coup du sort a voulu que je devienne la gardienne d’autres reliques, des choses qui n’appartiennent peut-être même pas au monde dans lequel j’ai échoué.
A la mort de Roger -car c’est bien de cela qu’il s’agit- une boite jaune est tombée quelque part. Elle a fini par atterrir près de moi, notamment grâce à Mira Noskov. Une intuition - ou peut-être plus que ça- et la boite était cachée dans mon sac, protégée par quelques épaisseurs de cuir et de tissu. Je cherche encore à quoi ces objets pourraient bien servir. Ce dont je suis certaine, c’est qu’ils ont traversé au moins une fois le Grand Vide. Roger… avais-tu seulement conscience du trésor que tu transportais dans ton sac ? J’ai nettoyé chacun de ces éclats, tous, sans exception. Au-delà de leur valeur et de ce qu’ils veulent nous murmurer, j’ai pu récupérer quelques grammes de poudre sépia. De la poussière de Portails. Rien de moins que l’un des plus grands cadeaux de Multivers.
Je ne sais pas d’où tu venais, Roger Troutmann. Peu m’importe si j’écorche ton nom. Tu répondais à plusieurs titres : Roger, « Tom le Chat », peut-être même Relic. Ta mort, dont je vais parler dans mon prochain paragraphe/monologue a été brutale et m’a profondément affectée. Nous ne nous connaissions pas bien, mais je comptais sur toi pour en apprendre plus sur les mystères de ce Cloaque. Tu as répondu à certaines de mes questions mais ta fin en a soulevé bien d’autres…

Ça s’est passé à Altar. Les deux tours d’acier ont longtemps chuchoté entre elles à travers nos radios, nos talkies-walkies et nos transistors. C’est là-bas que nous nous sommes rejoins. Olikotora et Mira étaient avec moi. Plus tard, les Anciens Survivants et même quelques membres de la R.E.D se sont présentés, ainsi que le Chevalier et des gardiens de Rive-bois. Roger s’est levé face à nous et nous a expliqué ce qui nous rassemblait là-bas.
Quelque chose vient vers nous. A grand pas. Mon cher écrivain ne regardait que le ciel et brandissait vers lui un poing rageur. Mais c’est de la Terre elle-même que nous devons nous méfier apparemment. Je l’ai bien vu : tout au long de son discours, le « vieux » militaire Roger Troutmann a tout fait pour nous ramener sur le droit chemin. Il a lourdement insisté sur la nécessité de créer un lieu communautaire, où chaque groupe de survivants, chaque individu pourrait travailler ou discuter librement avec ses pairs et ses semblables. Un lieu comme Kabanino mais équipé d’un centre de recherche. Car pour trouver des réponses, il faut bien des questions. Et pour répondre aux questions, il faut bien des gens qui réfléchissent. Peu importe qu’ils fassent partie de la Black Trinity, de la R.E.D, des Lost Riders, des Anciens Survivants ou qu’ils soient seuls. Nous avons besoin de ce complexe. Et j’y crois encore plus avec ce qui s’est passé.
Un héros est mort il y a quelques jours. Un second en si peu de temps. D’abord Fyfoo puis Relic -s’il s’agit bien de l’un de ses noms de code. Un tireur embusqué l’a fait chuter alors qu’il parlait de choses cachées, peut-être d’un peuple « sous la montagne ». C’est sans doute la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Tous ceux qui étaient à Altar ce soir-là se sont rués loin des deux antennes, la plupart suivant une étrange voix leur indiquant une position bien précise. La suite de cette inquiétante soirée est floue dans ma mémoire. Je me souviens que nous avons été ramenés sains et saufs en bus par un  certain Josef, un homme fort sympathique que l’on pourrait qualifier d’as du volant. Conduire un truc pareil sur de petits chemins de terre boueux sans s’enliser relevait plutôt du miracle à mon humble avis. Pourtant, nous sommes finalement parvenus en un seul morceau à Riverwood. C’est d’ailleurs là-bas que Wouff, l’énigmatique homme des bois, m’a donné un livre… Pas n’importe lequel : le dernier objet qui manquait dans la boite jaune de Troutmann. Pour la simple et bonne raison que ce livre était caché dans un ours en peluche, un petit Teddy Bear que nous refusions de donner à celui qui vit avec les loups.
Après mûres réflexions, je m’en veux un peu de n’avoir pas pris le temps de ramener ces peluches à Wouff également. Maurice est peut-être le seul « enfant » encore présent en Chernarus mais Wouff, même s’il est plus vieux, dispose également d’un esprit… libre, simple, et peu soucieux de nos turpitudes. Nous les jugeons simplets mais finalement, ce sont peut-être eux qui ont raison. Par ma faute, j’ai failli perdre l’un des artefacts de Relic (je commence à peine à comprendre ce jeux de mots) et c’est pour cela que j’ai vendu la mèche à ceux en qui j’avais confiance.

Olikotora tout d’abord : je ne pouvais l’écarter de mes confidences. Et les Lost Riders également. Ceux qui m’ont rencontré le savent, s’il existe un groupe en qui j’ai confiance, il s’agit bien des Lost. Je me fiche de leurs querelles avec les autres survivants. Pour moi, ils ont assez trinqué comme ça. Roberto n’est plus que l’ombre de lui-même et Stephen Cigale doit gérer à lui seul une équipe de plus en plus réduite. Ils auraient bien besoin d’un petit coup de main et si je peux leur fournir de l’aide, je n’hésiterai pas.
Mais plus de conflits. Je ne participerai plus à ce genre de chose. Pas avec les survivants de Chernarus en tout cas, à moins que l’on ne cherche à me stopper dans mes voyages. Car je reste avant tout fidèle à ce que je suis. Nous avons longuement parlé avec Olikotora et les Lost Riders encore présents. Ce centre de recherche, il nous le faut. Je compte sur Watson pour avertir la R.E.D avec diplomatie - ou ne pas la contacter du tout. De mon coté, j’ai déjà commencé à rassembler du matériel. Rien d’aussi lourd et meurtrier que ce que Realder avait pu stocker bien sûr. Mais je pense que je ne me débrouille pas trop mal…

De toute manière, il fallait bien qu’Oliko s’y attende. Et même si j’ai rencontré des gens formidables à Rive-bois, comme Mira ou le dernier en date, cet Alex Walker, il n’y a qu’un endroit où je me sentirai vraiment chez moi.
Un sanctuaire de paix dans le grand Nord, loin, très loin de tout. Une petite plaine à la limite de la brume, aux riches parfums de terre. Des souvenirs aussi, surtout pour Olikotora s’il accepte d’y retourner quelques temps. Il y flotterait presque une vague odeur de poudre à canon c’est vrai… Mais ce sont surtout les fragrances du café qui subsistent, et pas n’importe lequel, ça non ! Tu l’auras compris, toi qui a lu jusqu’ici : Frontière d’Acier, c’est chez moi aussi.

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MessageSujet: Un monde à part: Maelström d'Enfer   Jeu 30 Mar - 21:30

Un monde à part : Maelström d’Enfer

Je profite de ces quelques jours au sein de la quiétude de Riverwood pour réfléchir à tout ce qui s’est passé ces derniers temps. Les récents évènements d’Altar ne représentent que la partie émergée de l’iceberg, il s’agit bel et bien de changements qui vont impacter la vie de chacun des humains encore présents en Chernarus. Nous ne pourrons y couper, c’est certain. Mais ce soir, ce sont des sujets plus personnels qui me préoccupent.
Mira n’est pas revenue depuis notre dispute d’il y a quelques jours et je m’inquiète pour elle. En même temps, c’est elle qui a lancé ce sujet sur la table. Mais j’ai bien peur qu’elle n’ait raison : j’aimerais la revoir pour lui expliquer ce que je ressens. Je sais ce qu’elle me reproche : depuis que j’ai rencontré cet Alex Walker, je ne lui accorde plus vraiment ma compagnie. Pire encore, c’est comme si j’avais oublié… ce qui… ce qui a failli se passer entre nous. Nous avons toutes et tous besoin de chaleur et de tendresse de temps en temps, surtout dans ce monde brutal, hostile et décrépi. Les choses auraient-elles été différentes si nous nous étions avancées plus loin sur ce chemin ? Je ne peux que l’envisager. Est-ce un mal de désirer profiter de quelques instants de bonheur lorsque la nuit tombe ? Je ne pense pas trahir Realder de mon point de vue et je ne pense pas non plus qu’elle souhaitait salir la mémoire d’Irwin. Ce soir, j’ai seulement peur d’avoir perdu une amie…
Je ne peux pas en vouloir à Alex Walker. Ce nouvel habitant de Rive-bois est l’un des seuls à m’avoir vraiment écouté depuis que je me suis installée ici et c’est tout naturellement que je me suis prise d’affection pour lui. Quant-à lui, je ne sais s’il se comporte ainsi avec toutes les filles qu’il croise ou s’il a vraiment jeté son dévolu sur moi. L’avenir seul me le dira. Il est de toute façon encore trop tôt pour que je le mette dans la confidence. Ce que j’ai commencé à réaliser avec Olikotora et les Lost Riders restera secret tant que je n’aurai pas une entière confiance en lui.

Je ne sais plus vraiment ou j’en suis. Il me reste tant de choses à faire… Je pourrais tout laisser tomber et me contenter de vivre simplement, à Rive-bois ou ailleurs. Après tout, même si ce monde n’est pas des plus enchanteurs, j’estime que nous ne sommes pas les plus mal lotis. Ce qui se passe entre Mira et moi ou encore avec Alex en est la preuve : nous avons du temps et des sujets qui pourraient paraître futiles reviennent au goût du jour.
Mais je suis une Arpenteuse. Pour cette simple raison, je ne connaitrai probablement pas la paix tant que je n’aurai pas retrouvé Realder, qu’il soit vivant… ou qu’il soit mort. On dit que c’est le voyage qui est important, pas la destination et je suis de cet avis. Mais j’ai aussi besoin d’un peu de repos. Les Arpenteurs n’ont jamais travaillé seuls, à part peut-être Real’ à l’époque où on lui donnait un autre nom. C’est étrange. Comme pour lui, seul le café me permet de récupérer partiellement la mémoire, à moins qu’il ne s’agisse que de mensonges. Ce ne sont même pas des visions claires mais plutôt des bribes de rêves, un monde onirique et changeant qui prend forme à la limite de ma conscience. Toujours les mêmes images, toujours les mêmes mots chuchotés dans les méandres de mes souvenirs…

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MessageSujet: Première Disruption: Sursaut Gamma   Mer 5 Avr - 21:45

Première Disruption : Sursaut Gamma

C’est une nouvelle tâche que je me suis fixée et je l’accepte en dépit du bon sens. Le Chevalier est parti. Le colosse blafard au casque de fer cabossé a disparu et Riverwood ne tient debout que par sa propre inertie : tôt ou tard, des gens viendront et mettront ce petit coin de paradis à feu et à sang. Afin de retarder cette destinée tragique, j’ai choisi de respecter les derniers mots du créateur de ce sanctuaire, une dernière demande à laquelle je ne peux déroger. Je garderai donc Rive-bois pour lui, seule s’il le faut. Je ne suis pas naïve : quelqu’un profitera peut-être de mes déplacements pour abattre ce lieu saint en mon absence. Mais en ma présence, je jure de faire barrière à tous ceux qui voudront porter préjudice à Riverwood. Est-ce-que cela fait de moi la dernière Templière encore en vie ? Peut-être. Si c’est bien le cas, le village du Chevalier est maintenant l’un des Relais Lambda des Arpenteurs, au même titre que Frontière d’Acier, Enclave de Plomb ou Penumbra et à ce titre, j’y veillerai plus qu’à la grâce de Dieu. J’aime ce lieu : ce n’est pas le petit observatoire de Realder Descendres mais j’y ai tout de même trouvé ma place : la plupart des survivants qui y ont élu domicile sont aimables, compréhensifs et prêts à aider leur prochain. Certains m’apportent même des livres et d’autres trouvailles en tout genre comme Yvan… ou Alex bien sûr.
Je ne suis pas dupe : je vois bien que ce dernier attend une réponse de ma part, et je dois avouer que cela me rend encore plus nerveuse. Ce n’est pas Realder le problème : Alex a bien compris que Real’ serait toujours une ombre flottant à la limite de mon cœur. Parce que nos âmes sont liées, je ne peux m’en défaire, pas plus que Realder ne peut m’oublier. Même séparés par le Grand Vide, même noyés dans la Vortessence, nos esprits se jaugent et s’entrecroisent à travers le Chaos Vitreux des Origines jusqu’au complexe agencement du Vieux Noyau. Néanmoins je reste humaine et de fait, je ne peux nier ce qui est propre à ma nature. En d’autres circonstances, j’aurai sans doute cédé bien plus tôt aux avances d’Alex Walker…mais je ne peux lui offrir ce qu’il cherche : tout ce que je peux lui donner, c’est un pâle reflet de ce qu’il a perdu. Fonder une famille m’est impossible : pas sur le plan physique -tout fonctionne bien de ce côté, merci. Mais ce n’est tout simplement pas compatible avec ce que je suis. Sans les Veilleurs, je n’ai d’avenir dans aucune des réalités que j’ai eu l’occasion d’entrapercevoir. Au-delà d’un certain point, je ne vois que l’immobilité ou pire, le néant. Et je ne veux pas que quelqu’un souffre de mon mal-être ou de mon absence.

Depuis le début du cataclysme -sans doute lorsque cette météorite s’est écrasée sur Terre- j’ai l’impression que notre Monde-Clé est devenu… léthargique, du moins en ce qui concerne Chernarus. C’est comme si on nous avait placé ici comme dans une cage, avec juste ce qu’il faut de Rôdeurs, Grisâtres, Insomniaques ou Zombies pour nous tenir en alerte et nous empêcher de nous organiser en véritable communauté. D’où viennent ces carcasses d’hélicoptères que l’on a parfois la chance de trouver et comment peuvent-elles disparaitre ainsi du jour au lendemain sans que personne ne s’en rende compte ? Y aurait-il en Chernarus un ferrailleur quelque peu zélé collectionneur d’épaves ? Ces questions me taraudent depuis longtemps mais ce sont des détails que mon cher écrivain avait déjà relevé et classé dans la catégorie des « choses à prospecter plus tard ».
Il y a beaucoup d’évènements que je ne m’explique pas, comme ce dernier : plus qu’une intuition, c’est un écho résonnant dans ma tête qui m’a indiqué ce que je devais faire des reliques de Roger Troutmann. Sans doute ne suis-je pas la seule à avoir entendu cette voix d’outre-tombe mais c’est bien à moi  qu’il  incombait d’accomplir cette tache puisque les artefacts du vieux soldat étaient en ma possession. J’ai choisi d’écouter cette monition et c’est pourquoi une partie de ces derniers est désormais hors d’atteinte, enterrée au fond des bois là ou personne n’ira les chercher sciemment. Cette partie de l’histoire ne me concerne plus et même si ces éclats du passé abritaient encore quelques mystères, je ne les regrette pas : ils m’avaient sans doute fourni tout leur pouvoir et j’ai déjà assez à faire avec les documents que j’ai conservé et les horribles journaux presque vivants de Realder et de Norman Ross.

Il est temps de changer de registre et sans transition. Plus je pense à toutes ces questions qui demeurent sans réponses, plus je suis abattue. Au final, ce que je vais mentionner est encore pire et concerne Mira Noskov, la jeune militaire. Je ne pense pas la revoir un jour. Elle a disparu depuis trop longtemps maintenant et sa tente aurait été incendiée alors que je n’étais pas présente à Riverwood. A peine deux semaines après son arrivée, celle qui aurait pu devenir mon amie n’est déjà plus là. Je ne sais même pas ce qui a pu se passer : elle avait visiblement des ennemis, à moins qu’elle soit elle-même à l’origine de cet incendie. Peut-être a-t-elle décidé de partir à la recherche d’Irwin Kelor, l’homme qu’elle aimait. Pour la première fois depuis bien longtemps, aucune hypothèse ne me parait plus vraisemblable que les autres et je ne ressens qu’un cuisant sentiment de déception. Peut-être que si je lui avais témoigné plus d’attention, Mira serait encore à mes cotés en ce moment.

Combien de temps vais-je encore continuer à perdre ceux à qui je m’attache ? J’avais déjà tiré un trait sur ma famille bien avant le début du cataclysme et c’est grâce aux Arpenteurs que je n’ai pas   tout laissé tomber. Mais peut-être que c’est notre destin : peut-être œuvrons-nous chacun séparément pour mener à son terme une quête sans fin.

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MessageSujet: Seconde Disruption: Faisceau de Quasar   Sam 15 Avr - 11:54

Seconde Disruption: Faisceau de Quasar


Que me reste-t-il à écrire? J'en viens à penser que nous ne pourrons jamais répondre à toutes ces questions, chaque jour plus nombreuses. C'est un travail de titan et une fille seule ne peut prétendre pouvoir le mener à son terme sans l'aide de ses alliés. Gérer ce qui reste de Riverwoood s'avère être une tâche éreintante, quoique j'en tire une satisfaction personnelle évidente. Mais j'ai malgré tout l'impression d'être abandonnée de tous cotés: d'abord Realder... Aujourd'hui et depuis quelques temps, c'est Olikotora, alias Watson qui manque à l'appel. Quant à Mira Noskov, mes doutes s'avèrent être plus que justifiés: je ne la reverrai jamais, sans aucun doute. Je n'ai plus aucun appui, aucune épaule sur laquelle me reposer, à part peut-être celle d'Alex. Même les Lost Riders se font moins présents, et d'une manière générale, j'ai l'impression que c'est tout Chernarus qui périclite peu à peu.
Ce monde, ou du moins cette région du Multivers, est-elle fatiguée, en fin de vie? Après tout, cette réalité se trouve peut-être à proximité du Vieux Noyau, là où toute chose finit par sombrer dans la torpeur et l'immobilité... Ces réflexions éparses, ces théories et ces élucubrations, il ne faut pas être devin pour en connaitre l'origine... C'est le café. Une âme chanceuse, l'adorable Vany Vanky, tenancière et fournisseuse du petit bar campagnard au Dispensaire a réussi à mettre la main sur une cargaison de cette merveilleuse denrée. Il ne s'agit certes pas du pétrole gorgé de puissance des Arpenteurs, mais la préparation de Vany me permet tout de même d'y voir plus clair. Encore aujourd'hui, je ne parviens pas à expliquer l'ampleur des effets du café sur mon esprit. Les autres survivants que j'ai rencontré y sont de toute évidence beaucoup moins réceptifs. Est-ce une malédiction en ce cas? J'en parlerai au "Maître", cet étrange personnage qui gère le Dispensaire: il aura peut-être une explication à me fournir.

Mes allers-retours incessants entre le Dispensaire, Rive-bois et Frontière d'Acier m'ont néanmoins appris quelque chose. J'ai la nette impression que les murmures de la brume blanche gagnent en clarté en fonction du temps que l'on passe à proximité. Hier encore, je ne l'entendais pas. Mais depuis que j'ai dormi là-haut, dans le grand Nord de Chernarus, je parviens presque à l'écouter. Realder ne se trompait pas finalement. Cependant, je ne ferai pas la même erreur que lui: qu'il chante donc pour moi aussi, ce maudit brouillard. Ces souffles sont peut-être des mots qui protègent, soignent et apaisent l'âme; mais ils peuvent également la détruire. La Brume m'a pris un être cher et je ne lui ferai confiance que lorsqu'elle me le rendra.

Mes pensées sont vaporeuses, fuyantes. C'est pourquoi je terminerai aujourd'hui ma rédaction par un évènement qui s'est bien déroulé et dont je peux vérifier sans conteste la véracité. J'ai fait la rencontre de Vizzini, Roman de son prénom. Tout comme la plupart d'entre nous, son passé n'est apparemment pas des plus roses, à tel point qu'il a fini par échouer dans les solitudes froides et humides de la prison que beaucoup nomment Alcatraz, celle-là-même qui se situe au Sud de Kamenka, sur une petite île. Nous avons discuté quelques temps, à distance respectueuse l'un de l'autre: après tout, on n'est jamais trop prudent en Chernarussie, surtout par les temps qui courent. Chose intéressante, Roman semble en savoir un peu plus long que moi sur l'épidémie elle-même. Sans entrer dans les détails, que je n'ai de toute façon pas eu le temps de noter avec précision, il aurait trouvé des documents ainsi qu'une seringue (malheureusement vide aujourd'hui) qui pourraient éventuellement nous permettre d'en apprendre plus sur le Fléau, ce que je ne cesse de faire depuis que je me suis décidée à sortir. Il faudra sans aucun doute que j'essaie d'en savoir plus si je le recroise, même si je doute de pouvoir faire quelque chose sans l'aide de Watson...


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MessageSujet: Troisième Disruption: Eclat d'Hypernova   Jeu 20 Avr - 22:09

Troisième Disruption : Éclat d’Hypernova

C’est ainsi que vont les choses. Elles se transforment, changent de place, évoluent… mais persistent malgré tout. Des âmes errantes apparaissent pour être finalement bannies de cette réalité quelques jours plus tard. Pourquoi et comment, je n’en sais rien. Mais j’ai la nette impression qu’il y a quelque chose là-haut qui se joue de nous et qui cherche peut-être à nous guider de sa main de fer vers un but bien précis que je ne parviens pas à cerner. Tant qu’on n’abîme pas trop les rouages de cette machinerie infernale, la quintessence de cet univers nous permet de nous relever sur la plage à chaque fois. Mais lorsqu’on porte dissonance à la Musique des Sphères, la lutte est perdue d’avance. Roman Vizzini, récemment rencontré, semblait être de ceux-là : il cherchait à découvrir la vérité, tout comme moi, et ne s’en cachait pas. Mais que pensait-il ? Sans totem auprès de lui, sans café pour lui permettre de lutter contre ce qui se cache dans le Grand Vide, il n’avait pas la moindre chance. En tous cas, il a sans doute subi le même sort que Mira Noskov. Il semble avoir été effacé de cette réalité, tel un fétu de paille dans une tornade. Je me trompe peut-être : il a tout simplement pu quitter Rive-bois précipitamment, appelé ailleurs par d’autres affaires urgentes : peut-être avait-il des ennemis ou quelqu’un à retrouver ? Je serai la première à sourire s’il revient mais ce frisson que j’ai ressenti semble m’indiquer le contraire.
Olikotora m’avait expliqué que lorsque mon Realder s’était avancé dans la brume, le monde s’était… arrêté, mis en suspens le temps d’un battement de cœur. Un cri plaintif, celui d’une baleine à l’agonie, aurait résonné par-delà les Membranes de la matière. J’ai l’impression d’avoir ressenti quelque chose de semblable la nuit qui a précédé la disparition de Roman. Qui était-il, d’où venait-il et que lui est-il arrivé ? Encore des questions qui resteront sans doute sans réponses. La bibliothèque ne cesse de s’alimenter de mes interrogations.

Qu’à cela ne tienne… La connaissance, c’est le pouvoir. Je resterai peut-être coincée à jamais au sein de ce monde, au rythme de mes incessants réveils sur le sable froid de Chernarus. Mais je ferai tout pour donner à d’autres la chance de briser ces murailles d’ignorance qui nous emprisonnent ici-bas. Roger Troutmann, l’homme qui semblait en savoir si long sur les règles de cette réalité, transportait des livres avec lui. Qu’ils soient chargés de sens ou pas, je suis persuadée que la connaissance ne doit pas être perdue et c’est pourquoi j’ai décidé de rassembler tous les ouvrages que je pouvais trouver à Novy Sobor, une petite bourgade située un peu au Nord du Dispensaire. Il y a là-bas quelques cartons et quelques tentes remplis de récits, de traités, et de documents en tout genre. J’ai travaillé dur pour les obtenir et je ne cesse de les rassembler peu à peu. J’ai entendu dire qu’une force de police s’était organisée dans la région et j’aimerai leur demander de protéger ces livres à l’occasion. La plupart des survivants n’ont que faire de ces bouquins, je m’en doute ; au mieux, ils les ignoreront, au pire ils s’en serviront de combustible. J’ose cependant espérer que certains y trouveront leur bonheur. C'est peut-être déjà le cas? J'ai l'impression que quelqu'un est déjà passé par ici: il y a des traces de pas sur le sol et une légère odeur d'humidité, comme si on s'était abrité ici pour échapper au déluge d'il y a quelques jours. Enfin... Je suis intimement convaincue qu’un peu de savoir peut avoir bien plus d’impact qu’une pluie de balles. Si le monde doit se relever, ce ne sera probablement pas dans le sang.

Une gorgée de ce fantastique breuvage pour continuer à écrire, baignée par les rayons de la lune et par le paisible éclat d’une lampe à gaz. Voyageur, Voyageuse, Survivant, Survivante, si tu lis ces mots, tu dois à présent savoir où je me trouve…
Frontière d’Acier : il y a ici un peu plus que la marque de Realder Descendres, mon compagnon, ami, mon guide et le responsable de la plupart de mes tourments. L’odeur de son café est toujours présente, ainsi que celle de la poudre à canon. Sa réserve de métal n’est plus, pourtant il reste encore un abri de toile noire qui dispose de ce type de matériel. La R.E.D n’est pas venue fouiller jusqu’ici, et quand bien même ce serait le cas, ses membres n’ont sans doute pas compris de quoi il s’agissait. Yinho Mikoto et ses alliés ne sont de toute manière plus concernés par cet équipement poussiéreux, entreposé ici depuis plusieurs semaines, voire plusieurs mois : rien de moins que l’ensemble des possessions matérielles de Xia Wong Meïg, le fondateur de la R.E.D, trahi par les siens. Ce sont les vestiges d’un temps où les survivants étaient encore nombreux en Chernarussie, une époque durant laquelle j’avais moi aussi choisi un camp.

Il me reste encore plusieurs choses à raconter et de nombreuses lignes à tracer au sein de mes journaux. Tôt ou tard, ils finiront par devenir aussi épais que ceux de Real’. J’aurai aimé écrire quelques mots au sujet de ma dernière rencontre avec les frères Colombier : des français, tout comme mon cher écrivain, particulièrement sympathiques et à qui j’ai proposé de s’implanter à Rive-bois. Notre premier contact s’est avéré… mouvementé, mais c’est une histoire qui sera contée par la suite.
Une discussion avec l’inquiétant Docteur également : ce qu’il m’a raconté pourrait paraitre dénué de sens, les délires et les divagations d’un esprit profondément meurtri. Nous savons tous deux qu’il n’en est rien : j’ai vu trop de choses pour ignorer la véracité de ses paroles. Je noterai tout ça plus tard et je ne doute pas que mes réflexions me tiendront à l’écart du sommeil… Je n’ai pas oublié ce qu’il m’a conseillé ; très bien Docteur : je noterai mes rêves. Mais ne vous plaignez pas si vous faites vous-même d’horribles cauchemars par la suite.

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MessageSujet: Quatrième Disruption: Convergence de Trous Noirs   Lun 24 Avr - 23:31

Quatrième Disruption : Convergence de Trous Noirs

Mes lignes sont brouillées, auréolées de larmes. Ce sont les miennes. Chaque jour qui passe, je comprends un peu mieux ce qui m’arrive : je ne suis plus celle qui se battait aux cotés de Realder Descendres Le Voyageur. Je ne l’ai peut-être jamais été. Une partie de moi est restée là-bas… Dans l’Anauroch, l’Outreterre, en Oblivion ou sur les glaces de Cania… Sur Xen, dans les Terres Sombres ou dans le Paradis de Kamoran… Aux confins du multivers ou dans les solitudes glacées du Nether. Qu’importe ? Le tonnerre ne gronde plus dans mon cœur. Je ne suis plus que la petite Frisca, Fran Icesinger, dernière Templière de Riverwood et peut-être la dernière représentante des Veilleurs. Au fond, il n’y a plus rien qui me rattache à cette réalité : lorsque j’ai vu Olikotora mourir sous mes yeux - un coup fatal porté par un de ces horribles Grisâtres - et que je l’ai vu revenir quelques heures plus tard, choqué, paniqué, mais sans blessure apparente, j’ai compris. Nous avons beau tomber, nous nous relevons à chaque fois. Certains voient une lumière, d’autres un message inscrit dans le néant. Je connais la mort : j’ai pu en sentir la brulure lorsque Yinho Mikoto m’a exécutée. Je connais les règles de ce monde : il y a bien longtemps que j’ai appris que le trépas n’était qu’illusion ou du moins, temporaire. Je connais la peine et le désespoir : voir un ami mourir fait cet effet-là, même si son retour parmi les vivants s’avère inéluctable. Et je connais la douleur : à lire mes mots, l’on pourrait croire que ce monde ingrat est une aubaine, un défouloir au sein duquel il fait bon mourir pour revenir plus fourbe et sanguinaire que jamais. Pour certains, peut-être. Mais pas pour moi. Je ressens chacune de mes morts et mon âme elle-même en est meurtrie.

Relic… Docteur… Igor… Maître. Qu’importe son nom. Il se targue de venir d’un lieu qu’il m’est impossible d’atteindre, de savoir des choses que nul autre ne sait. Son intelligence n’a d’égal que son manque d’empathie. Il tombe ainsi sur Chernarus comme un cheveu sur la soupe, disséminant ses pensées aux quatre coins de cet Enfer. Je l’ai laissé dénaturer le corps sans vie d’Olikotora et pire encore, j’y ai participé, prenant ça et là ses os, afin qu’il puisse lui-même étudier ses propres abattis une fois revenu d’entre les morts. Dans la folie, le Docteur en connaît un rayon et je pense que c’est pour cela qu’il m’a demandé de noter mes rêves.
Des rêves ? Des cauchemars plutôt. Ce soir pourtant, ce n’est pas à lui que je vais me confier. Et ce n’est pas un cauchemar que je vais raconter ici mais la réalité - la mienne et celle de Nova Arstroska du moins. Oh, j’entends d’ici ce que dirait cet homme aux multiples facettes. Le Docteur chercherait à m’examiner, à faire subir à mon corps une batterie de tests avant de le jeter dans les oubliettes du temps. Quand à Igor… il le dissèquerait sans doute sans autre forme de procès.
Mes sanglots n’y changeront rien et nul autre que Nova ne me réconfortera désormais… Realder est parti, je n’ai plus aucune nouvelle d’Alex Walker et dans mon état, Olikotora ne me témoignera aucune pitié. Quant au Docteur, son cœur me semble d’une certaine façon aussi froid que le mien - mais pas pour la même raison. Je n’ai aucune excuse si ce n’est celle d’avoir agi sur un coup de tête. Mais ce cadeau empoisonné que m’a offert ce nouveau survivant que j’ai rencontré, Nova, c’est peut-être le sort que je méritais, la nature même de mon âme qui hurle pour être libérée de son carcan de fer ? Que suis-je devenue ? Cela ne peut être la réalité, pas au sein de ce monde-là. « Magister dixit », le Maître l’a dit : pour cet homme qui semble venir d’au-delà des étoiles - peut-être un Arpenteur perdu lui aussi, et non un de ces… Chuteurs - mon cœur bat bien dans ma poitrine et mon souffle est toujours bien perceptible. Et pourtant…

Frisca ? Un frisson, oui. Froide comme la mort, comme ton armure, mon Realder. Il y a de cela bien longtemps, lorsque tu portais un autre surnom et un autre titre. Realder le Voyageur et Half-Life le Catalyseur. Etais-je le produit de l’imagination de l’un ou de l’autre ? Ou bien es-tu toi-même le résultat de ma folie ? Ces mots, je les écris sans la moindre source de lumière, les yeux grands ouverts dans l’obscurité la plus complète, et j’y vois comme en plein jour. J’ai l’impression de n’avoir jamais été si proche de tes horribles et noires pensées, Realder : « J’ai fait un cauchemar dans lequel tu n’étais qu’un pantin de chair, de sang et d’os, une magnifique marionnette à laquelle on aurait donné une conscience. Bien réelle, certes, mais jamais vraiment vivante… Pas l’une de ces choses qui se promènent dehors mais pas l’une d’entre nous non plus ».
Ces mots, ce sont les tiens Realder, c’est la deuxième prose du Chant de la Salamandre, comme si tu avais vu dans un éclat de passé le futur qui m’attendait. Ton journal est rempli de ces phrases sibyllines  qui prennent peu à peu leur sens. Passé, futur ou présent ? Le passé sauvera-t-il le futur ? Rien n’est moins sûr, Dévoreur de Monde. En tout cas, je doute de pouvoir faire partie des héros qui y parviendront : ta Frisca, celle que tu connais, est au bout du rouleau je le crains. Une soif insatiable me ronge et je ne peux l’étancher sans défaire ce que j’ai passé tant de temps à construire. Nova Arstroska, cet homme que j’ai rencontré il y a si peu de temps, a su trouver les mots pour que j’accède à sa requête, pour que j’accepte sa proposition insensée. Il est trop tard pour faire marche arrière à présent : mon âme est corrompue et la nuit est devenue mon alliée.

Il n’y a que dans cette noirceur que j’y vois plus clair, comme si j’étais constamment sous l’influence du terrible café des Arpenteurs. C’est sous la lune, si chère à ce regretté Troutmann et à ce mystérieux professeur d’histoire que je me sens à nouveau presque vivante, grisée. Nova prétend qu’en rejoignant sa confrérie, les « Hellsing », il m’apprendra à dompter ma nature. J’ai accepté. Non pas parce que je voulais rejoindre un groupe ou lutter contre moi-même. Mais c’est ce que les Arpenteurs auraient fait. Peu importe l’individu tant que le Crédo est respecté : « Working to make a better tomorrow for all mankind ».
Néanmoins, Nova ne m’a pas détaillé toute son histoire et je me demande encore comment je me suis retrouvée à ses cotés si rapidement sans même me poser de questions. Ce qu’on racontait dans les vieux contes pour enfants sur ses semblables s’avère finalement être vrai. La coercition et le charisme de telles créatures sur l’esprit humain ne sont pas une légende, du moins pour ceux qui sont déjà brisés. C’est peut-être mieux comme ça… Après tout, même avant cette froide morsure, je vivais dans une sorte de non-vie. Rien n’a changé et peut-être que rien ne changera. Vaut-il mieux vivre au sein de la dure réalité ou accepter d’être l’esclave d’un agréable mensonge ?


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MessageSujet: Cinquième Disruption: Flux d'Energie Noire   Jeu 4 Mai - 21:19

Cinquième Disruption : Flux d’Energie Noire

J’ai miré mon reflet dans cette eau limpide, que nulle usine ne souille plus depuis longtemps. Mon image pour le moins, n’a pas encore disparu, et je ne peux pas dire si j’apprécie ces changements ou si au contraire, ils me mettent mal à l’aise. Un peu des deux sans doute. De ce que j’ai pu voir, mes iris luisent désormais constamment de cette lueur rouge-dorée, que seul l’éclat du Vide peut encore estomper. La peau de mon visage et de mon corps n’a pas vraiment changé : j’ai toujours été particulièrement pâle. Ce qui plaisait à Realder ne sera peut-être pas au goût de ceux qui croiseront ma route mais au moins, on ne me posera sans doute pas trop de questions de ce coté-là. C’est bien sûr l’attribut le plus évident de ma nature qui risque de poser problème, celui qu’on retrouve depuis les contes pour enfants jusqu’aux légendes des temps jadis. De quoi poinçonner la chair pour en extraire la riche saveur de la vie, ces petits biseaux d’ivoire qui me donnent ce petit air sauvage. Un air qui aurait mieux convenu à la Frisca que j’étais - et pas à celle que je suis devenue.
Je ressens chacun de ces changements dans mon corps et dans mon esprit. Telle est peut-être l’évolution dont parlait Nova Astroska. Je n’oserai sans doute jamais l’avouer à quiconque - pas même à Nova ou à Olikotora - mais ces modifications sont plaisantes, réconfortantes et... sensuelles. Bien que je n’apprécie guère ce à quoi elles me destinent, il y a quelque chose d’étrangement libérateur à s’immerger dans ces flots d’obscurité et de magie. Ce n’est sans doute pas très différent de ce que mon cher écrivain devait ressentir lorsqu’il s’immolait dans l’essence du Macronivers. Néanmoins, aussi attrayante soit cette noirceur, elle ne cesse de réclamer son dû. D’après Nova, aujourd’hui installé à Rive-bois en ma compagnie, il est possible de la faire taire en consommant le fruit responsable de la chute d’Adam et Eve. La faune qui foisonne encore en Chernarus est également sensée nous apporter la paix : la vie fuyant le corps encore chaud d’une proie est devenue, je le crains, un parfum capiteux, un enivrant festin en perspective. Ces mets délicats pour le jeune Astroska me paraissent cependant bien fades au fil du temps et je ne parviendrai pas à m’en contenter très longtemps, c’est une certitude.

C’est là où le bât blesse : cette facette de moi-même, cette soif dévorante qui me taraude, je la déteste. Je honnis cet appétit odieux contre lequel je lutte à chaque instant et pourtant, je ne peux qu’y succomber. Je comprends Sébastien Colombier : lui aussi a accepté le cadeau de Nova et comme moi, il souffre pour tenir ce fléau en retrait, pour ne pas le laisser prendre possession de son cœur encore pur. Son frère a moins de mal et je ne peux l’expliquer.
Je n’ai pas voulu que ça finisse comme ça. Mais je n’ai pas eu le choix : ce que je me refuse à obtenir par moi-même, d’autres en auront peut-être le cran. C’est pour cette raison que j’ai lié mon existence à celle de ce chasseur de trésor implanté à Novy Sobor, une petite bourgade à quelques kilomètres de Riverwood : « Yngvar », ou peut-être « Yungvar », Iron Bear de son surnom. Pour peu qu’on y mette le prix, cet homme, qui aurait d’après ses dires, croisé plusieurs fois mon Realder, est prêt à dénicher à peu près tout et n’importe quoi. Initialement spécialisé dans le secteur des armes et des munitions, il m’a d’abord paru sur ses gardes lorsque je l’ai informé de ce que je recherchais. Néanmoins, quand je lui ai montré ce que j’avais pour lui en gage de bonne foi, il s’est ravisé et m’a assuré pouvoir me fournir tout ce que je désirais. Aussi doué soit-il en affaires, cet arrangement me convient. Peut-être est-ce ma nouvelle nature qui me permet de marchander ainsi ? Quoiqu’il en soit, j’ai besoin de gens comme Iron Bear, ceux qui pensent que tout s’achète et qui acceptent d’effectuer leurs tâches sans poser trop de questions. Cela ne me plait pas mais après tout… L’oubli est le suprême refuge.

Je recommence à écrire après une courte pause contre le mur de la grange, celle qui fait office de dépôt de nourriture à Kabanino. Je ne parviens pas à démêler mes pensées et ma réserve de café s’amenuise peu à peu. C’est d’ailleurs l’une des seules boissons « conventionnelles » que je parviens encore à avaler sans avoir l’impression d’avoir le ventre empli d’aiguilles. Le fait d’appartenir aux Arpenteurs transcenderait donc jusqu’à ma condition ? Je prononce ce titre comme un mantra, comme si le simple fait d’être une Arpenteuse pouvait changer quelque chose à cette dure réalité. Je ne cesse de me le répéter et je n’ai qu’à relire mes précédents écrits pour m’en convaincre : fût un temps où c’était peut-être effectivement le cas. Aujourd’hui, je n’ai plus que mes rêves, mes cauchemars, mes souvenirs et mes souhaits pour échapper à cette existence. Et peut-être des amis, qui sait ?
Olikotora semble avoir abandonné sa colère envers moi. J’ai l’impression qu’il a fini par accepter ce que je suis devenue même si je pense que notre relation en portera à jamais la cicatrice. Je le comprends. Je ne lui en veux pas : Watson est un scientifique après tout, spécialisé dans l’étude des corps, des gênes et de la vie en général. Comment aurait-il pu réagir autrement en apprenant que j’avais justement renié jusqu’à sa valeur la plus sacrée ? En suivant Nova sur son chemin, j’ai trompé la Nature une nouvelle fois. Voici ma manière de dresser un poing rageur à la face du Multivers, ou plutôt de ceux qui nous ont coincé ici, au sein de la Chernarussie. Real’, mon poète, tu serais heureux d’apprendre que j’ai finalement  adopté ton attitude : jusqu’à ton caractère un peu sombre, tes idées noires et tes éclats de folie. Mais tu es parti depuis bien longtemps maintenant alors ne m’en veux pas. Ce que je vais rédiger par la suite n’est pas une vengeance ni même une solution pour te faire revenir. Où que tu sois, vivant, mort, ou pire, tu auras toujours ta place avec moi. Tu l’avais écrit toi-même, noir sur blanc au sein de ton épais journal relié de cuir, cette monstruosité que j’ai caché dans ma bibliothèque à Novy Sobor : nous sommes liés et ce lien t’était sans doute bien plus profitable qu’à moi. « N’oublie jamais cependant que ma nature est de pouvoir puiser dans ton essence sans jamais craindre de m’y noyer ». Tels étaient tes mots… mais pourquoi ces guillemets s’ils s’agissaient bien des tiens ?

Il n’y avait plus que Nova et moi sur la plage. C’était il y a quelques jours ou quelques semaines - le temps est instable ici-bas… J’aurai bien voulu suivre Wouff, le Docteur et Bogdan Keyrt - pardon, Voyageur, Voyageuse, si je t’oublie - jusqu’à cette légendaire prison au-delà des bas-fonds de la côte de Kamenka, à l’extrême Sud de Chernarus. Mais le leader d’Hellsing m’a fait comprendre qu’il ne valait mieux pas. L’eau froide et salée au-delà de ces terres dissoudrait-elle notre âme comme la brume de Frontière d’Acier ? Je n’ai jamais rien lu de tel dans les livres et ceux qui ne disposent pas du don de Nova ne semblent pas être impactés par quoique ce soit, mis à part la température de l’eau. Ils en seront quittes pour un bon rhume, ce qui ne parait pas cher payé au vu de la mine réjouie de certains survivants lorsqu’ils sont finalement revenus de la petite île. Sans doute y a-t-il là bas des denrées qu’on ne trouve pas sur la côte, et encore moins dans les terres.
L’absence du groupe avec lequel nous étions partis en bus - un vieille machine remise en état par un Wouff de plus en plus intrigant - nous a néanmoins permis de parler librement, sans contraintes. Principalement de l’avenir d’ailleurs. Le jeune russe à la peau blême m’a ainsi fait part de ses sentiments à mon égard alors même que nous nous connaissions seulement depuis une semaine. Et pourquoi pas après tout ? J’ai accepté le don qu’il m’offrait en quelques heures… Derrière ses manières charmantes, j’ai peur que Nova Astroska ne cherche qu’à me garder auprès de lui pour faire de moi le miroir de ses désirs, pour modeler mon âme à sa convenance. La prophétie dont il m’a brièvement parlé est peut-être vraie mais si tel est le cas, alors elle patientera quelques temps. Les rares personnes qui s’attachent à moi finissent toutes par disparaître, parfois sans raison apparente : Mira Noskov, Alex Walker et même Irwin Kelor n’en sont que les exemples les plus récents. Mon cœur ne cesse apparemment de s’accrocher à chacun de ces fragments de vie alors que mon esprit les renie. Tout ce que je veux, c’est retrouver Realder. Peu importe les sentiments que je ressens pour lui : amour, haine, mépris, admiration, effroi… ces émotions n’ont pas lieu d’être entre nous et si Nova pense que je cherche Realder parce que j’en suis amoureuse, il se trompe. Celui qui s’est avancé dans la Brume a emporté avec lui mes origines et les secrets qu’il avait réussi à engranger jusqu’ici. Peut-être m’a-t-il également dérobé quelques fragments de mon âme au passage. Il fait partie de moi comme je fais partie de lui et sans aucun doute nous hantons-nous mutuellement.

Ce soir, le ruisseau d’encre s’est transformé en torrent. Ma plume semble animée d’une volonté propre, elle tisse elle-même la trame de mes souvenirs tandis que mon corps se réchauffe au coin du feu qui crépite non loin. Je suis seule : peut-être les rares habitants de Riverwood dorment-ils, à moins qu’ils ne soient partis chasser, vadrouiller dans la campagne alentour ou simplement nettoyer la zone des Grisâtres qui s’approchent toujours un peu trop près d’ici. Mes pensées se tournent vers Relic, non Roger Troutmann, imposteur malgré lui, mais vers le Docteur, le Maître, l’homme aux deux personnalités et sans visage. Cet être tombé des étoiles a réussi à enrôler Olikotora et à lui fournir du matériel, ancien et usé mais néanmoins fonctionnel. Pas étonnant qu’il ne soit pas à mes cotés en ce moment. Je doute qu’Oliko puisse trouver le sommeil sans avoir préalablement passé la nuit sur ses expériences, ses recherches et ses notes parcheminées. En vérité, j’ai peur du Docteur. A travers son lourd masque de fer et de polymères, je sens son regard perçant, comme s’il voyait le monde sous une autre forme. Une autre réalité ? Peut-être. Qui peut imaginer les ambitions qui se cachent sous ces verres ambrés? Il semble fasciné par les mystères de l’esprit et de la chair, allant jusqu’à les dénaturer l’un et l’autre pour en extraire la connaissance. D’une certaine manière, il n’est pas très différent de moi : charmés, nous suivons tous deux les jupons de la Mort bien que nous ne soyons de toute évidence pas du même coté du Voile.

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MessageSujet: Sixième Disruption : Brèche Quantique   Mer 10 Mai - 22:08

Sixième Disruption : Brèche Quantique

Qu'ils soient fiers et heureux de leurs actes, celles et ceux qui ont choisi de faire main basse sur ce qui ne leur appartenait pas. Rive-bois et ses rares habitants ont été cambriolés. Et je ne ressens absolument rien, si ce n'est un léger sentiment d'amusement. C'est du matériel lourd, destiné à tuer qui a disparu, comme d'habitude. L'humanité trouve donc encore l'extase dans l'autodestruction et en cela, je la considère encore plus vile et froide que moi. Ce n'est plus un secret pour mon journal: j'ai besoin de sang pour vivre, mais cela reste une nécessité plutôt qu'un plaisir... bien que celui de l'Homme me fasse désormais tourner la tête, une boisson digne de rivaliser avec le plus corsé des cafés. L'humanité cependant, a choisi de ne rien apprendre de la Catastrophe: elle se vautre toujours dans le doux nectar cramoisi dont je m'abreuve et je crains qu'elle ne puisse jamais changer.
J'ai goûté à ce vin merveilleux, j'ai trempé mes lèvres dans les ruisseaux de la vie. Le sang est chargé de souvenirs et de couleurs. C'est un fleuve rugissant, indompté, qui emporte avec lui mes peines, mes doutes et mes peurs. Là où le divin café de Realder nous permettait d'apercevoir la trame des réalités, le sang leur donne une saveur nouvelle. C'est l'un de nos desseins, un but sacré, partagé par l'ensemble des Arpenteurs, quel qu'il soit: pour peu que je parvienne à m'échapper d'ici, je pourrai à nouveau parcourir les plans le cœur léger, l'esprit apaisé et l'âme délivrée. Et même si ces pensées folles ne sont que l'illusion offerte par mon Realder, je n'hésiterai pas à m'y plonger. Qui sait? Peut-être reverrai-je aussi Widow, Cold, Eva... et tous les autres.

Cette nostalgie qui s'est emparée de moi, j'en connais l'origine. Je me sens seule, abandonnée. Ces derniers jours, aucun grésillement de radio n'a perturbé mes réflexions, aucune voix familière n'a résonné à mes oreilles. Je n'ai pas croisé une seule fois l'étrange Wouff, et encore moins son effrayant compagnon au pelage blanc... Le Dispensaire semble vide: l'inquiétant propriétaire des lieux et son serviteur Igor, l'ont visiblement laissé sous la garde des Grisâtres pendant quelques temps. Seul le petit passage généralement emprunté par Olikotora est encore sûr: preuve que mon camarade d'infortune est passé par là récemment. Même Nova n’a fait qu’une brève apparition aux portes de Kabanino ; sans doute a-t-il lui aussi quelques affaires en cours qui ne me regardent en rien.
J'ai finalement profité de ma solitude pour tenter ma chance plus au Sud, bien loin de mon trajet habituel, entre Riverwood et le grand Nord. Et c'est là-bas que le monde a basculé l'espace d'un instant. C'était là, sous mes yeux, écrit noir sur blanc à la place des lignes de Lovecraft. Msta. La minuscule bourgade au sein de laquelle Real' s'était réfugié au début de son histoire. Ce hameau en lui-même est son aventure, son point de départ. D'après son journal, il aurait souhaité en faire "L'Entre-deux-mondes", une petite communauté de survivants, un peu comme Rive-bois aujourd'hui. Et c'est bien vrai: il flottait là-bas une odeur bien connue. Du café, partout. Caché derrière les planches des murs, coincé dans les volets, empilé dans les vielles caves... Je n'ai pas pu tout emporter avec moi: quelques sacs tout au plus. La réserve de mon cher écrivain est moisie, pourrie. Pourtant, il en reste visiblement une quantité suffisante pour noircir la petite mare de Nagornoe pendant des jours. La terre de Msta en est spongieuse et le vent qui souffle là-bas est chargé d'autant de poussière que de sombre marc. Il m'a fallu plusieurs voyages pour transporter cette infime partie, mais c'est sous le dernier sac que j'ai trouvé ce qui aurait arrêté mon cœur si je ne m'y étais pas préparée.

L'équipement de Realder, celui qu'il a sans doute troqué contre quelque chose de plus pratique pour traverser la Brume. Je suis certaine que c'est le sien: je reconnais jusqu'à son odeur derrière celle du café: une vague senteur de terre, un soupçon de sable du désert, une note de roche chauffée par le soleil: un parfum minéral que j'aurais pu décrire entre tous. Roger Troutmann n'est plus là, mais si c'était le cas, il ne serait plus le seul à veiller sur des artefacts. Les lourdes possessions de mon poète ont visiblement traversé la tempête, l'Ouragan de Portails, tout comme son journal et celui de Norman Ross. Je les ai emportées avec moi, ces reliques. Elles feraient sans doute pâlir d’envie ceux qui ont pioché dans les stocks de Rive-bois. Et je reconnais bien là la volonté inconsciente de mon Catalyseur à la prose lancinante : cet équipement, c’est son armure, son harnois, son ticket contre la mort - dans ce monde-ci. Et c’est la dernière chose qu’il me reste de lui avec son journal et mes souvenirs ; je chéris chacun de ces objets avec toute la force de mes émotions contradictoires. Si Realder Descendres revient, ses affaires seront prêtes, bien que j’aie peu d’espoirs de le revoir un jour. Pourtant, tôt ou tard, je lui rapporterai ce qui lui appartient, dussé-je pour cela déchirer mon âme à travers le Grand Vide… ou finalement déposer ses dernières possessions sur sa tombe. Quoiqu’il en soit, ce brouillard affamé n’est pas impénétrable, c’est notre inconscient qui nous hurle de nous abstenir d’y entrer. Une barrière bien futile pour les Arpenteurs…

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MessageSujet: Septième Disruption : Echo-retour du Vieux Noyau   Lun 15 Mai - 21:30

Septième Disruption : Echo-retour du Vieux Noyau

Partir pour ne jamais revenir. Est-ce possible ? Je n’ai pas goûté à l’immortalité assez longtemps pour savoir si cette idée me séduit ou me révulse. Si ça se trouve, tous ceux qu’on ne voit plus ont réussi à s’échapper d’ici et coulent désormais des jours paisibles et heureux quelque part. Un autre monde, un autre temps… une autre vie. Tout ce que je veux, c’est retrouver la mienne, celle d’avant le Cataclysme. Je ne réclame ni richesse, ni gloire, ni pouvoir. Je veux juste m’échapper de cette île des morts, vivre mes rêves ou au moins un semblant de rêve aux cotés de ceux dont les noms résonnent à travers le temps et l’espace. Voyageur, Voyageuse, te voici prévenu(e). Si tu lis ces mots, c’est que tu m’as dérobé mon précieux journal et tout ce qu’il contient, que je t’ai laissé le consulter ou plus vraisemblablement que tu l’as arraché à mon âme puisque lui aussi semble me suivre à travers la mort. Saches néanmoins que les lignes qui vont suivre te sembleront dénuées de sens - et c’est peut-être effectivement le cas. Je sens la douce chaleur du café se répandre dans mon corps, le sang dont je me suis nourrie corrompre mon cœur et la Brume, à quelques pas de moi, envelopper ce qui reste de ma conscience. Voici peut-être quelque chose qui intéressera le Docteur, bien que j’en doute… C’est une bouillie de sons… de couleurs… de sensations. Des bribes de mon passé, de mon présent. Et peut-être de mon avenir. C’est…

Disruption. Et cet autre… un plus grand mystère. Un faisceau de lumière qui souille le repos de ma nuit sans fin. Je me souviens - ou je crois me souvenir. On t’appelait Half-Life, Le Catalyseur, la Lame du Vide, Le Dévoreur de Mondes. Tu étais un forgeron talentueux, l’artisan de mon cœur, le créateur de mon existence. Sous l’égide de Bortak Le Noir, tu sillonnais les réalités avec ceux qui étaient devenus tes alliés, tes camarades… puis tes amis. Anges ou Démons, peu t’importait tant qu’ils partageaient avec toi ta soif de liberté et de découvertes. Tu étais né au sein de ce Monde Clé, celui dans lequel nous sommes coincés actuellement. Mais c’est le Multivers tout entier qui était ton terrain de jeu. Tu te riais bien de ses règles, au risque de porter préjudice à ceux qui ne partageaient pas ton pouvoir, ignorant la souffrance que tu causais parfois. C’est ce qui a causé ta chute et aucune de nous trois n’a pu t’en protéger. C’est Elle qui a tout changé n’est-ce pas ? Ça n’aurait pas dû arriver. Pourtant, Elle a brisé ton armure et Half-Life est tombé. Laissant derrière lui l’Escouade des Terres Sombres se diviser et les Arpenteurs d’origine se retirer. Tout n’était pas fini cependant : ton cœur noir est devenu peut-être plus lumineux et tu t’es assagi. Tu t’es relevé, profitant du Grand Vide pour mener ta vie simultanément dans plusieurs Plans : Realder. C’est ainsi que notre histoire commune a débuté. C’est au Purgatoire que tu as moissonné les âmes de ceux et celles qui t’avaient suivi dans ton tourment pour nous donner une seconde chance et profiter des liens qui nous unissaient pour nous retrouver ici même, sur notre bonne vieille Terre. Et nous avons oublié…
Demain, ces lignes auront peut-être disparu de mon journal ou ne m’évoqueront que de vagues souvenirs. Pour le moment néanmoins, ces images s’imposent d’elles-mêmes aux limites de ma vision et portent en elles une partie de ma réalité. C’est peut-être l’Ouragan de Portails qui en est responsable. Le second, en si peu de temps.

Un écho du Multivers, venu tout droit du Vieux Noyau ou bien au contraire, de la bordure rugissante et sans fin de la Création Cosmique. La Grande Tempête a frappé une seconde fois et rien ni personne ne s’en est sorti indemne - sauf peut-être ceux qui se rient probablement de nous, là-haut, au-delà des solitudes glacées de la stratosphère. Elle a tout emporté : Rive-bois n’est plus. Il n’en reste rien. Du Dispensaire, il ne subsiste que les bâtiments décrépis, comme si aucun survivant ne s’y était jamais arrêté. L’arsenal de la R.E.D et celui des Anciens Survivants ? Anéantis. Tout comme la réserve de plomb de mon triste poète il y a déjà quelques mois. Frontière d’Acier n’a pas échappé à la déferlante : mes vêtements ont été dissouts dans le néant et j’ai senti le vieux fusil de cow-boy que j’avais fini par adopter se disloquer contre mon dos tandis que la nuée me ramenait sur la plage, entièrement nue mais néanmoins bien… vivante. L’odeur de la mer… La terre sous mes pieds. Et mon journal, toujours avec moi. Ainsi que deux pages parcheminées : l’une appartenant à l’épais volume de mon Realder, l’autre faisant partie du carnet de Norman Ross. Je ne suis pas idiote : d’ici quelques semaines, voire quelques jours, ces écrits atroces se seront alimentés d’eux-mêmes, ils auront retrouvé l’ensemble de leur prose. Je ne sais dans quelle obscure magie ces ouvrages ont baigné, mais une chose est sûre : tout comme l’équipement de mon cher écrivain, ils ont fait de moi leur gardienne.
Je n’ai pas perdu mon temps : j’avais déjà compris ce qui allait se passer lorsque l’air s’est épaissi. Chargé d’électricité, lourd, étouffant, comme avant un orage d’été. J’ai traversé la Tempête comme tout le monde, sans doute dans un état de semi-conscience. Mais la petite chauve-souris aux dents pointue s’est bien vite remise à voler une fois le calme revenu. Peut-être que l’étrange Wouff a fait de même de son coté : un éclair de fourrure blanche fonçant à travers la forêt lorsque le Néant a laissé place à la réalité dans laquelle nous sommes enfermés. Le Docteur et son épée ? Un pourfendeur de brume : les Etoiles qui luisent là-haut lui ont peut-être évité un réveil sur les galets humides de la plage.
Peu importe ce qu’ils feront de leur coté. Ded, Bogdan, Yvan, le Gitan, Oliko… leur aura est éclatante de bonté. Wouff, le Docteur, Le Chevalier… la leur est sur la balance, teintée de nuances de gris. Nova Astroska est le seul à avoir choisi de s’immerger dans l’obscurité. Et moi ? Mon cœur ne me dicte qu’une chose en ce moment. Je vais reconstruire Frontière d’Acier.

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MessageSujet: Huitième Disruption : CΛCDM ; Collapsed Lambda Cold Dark Matter - Frisson Précurseur   Lun 22 Mai - 22:44

Huitième Disruption : CΛCDM ; Collapsed Lambda Cold Dark Matter - Frisson Précurseur

Cela pourrait bien être le cas : la fin de notre monde - non - de notre univers. Rien de ce qui s’est passé ces derniers jours n’a de sens si l’on y réfléchit bien. Des âmes que je croyais perdues à tout jamais ont soudain surgi du néant.
La boucle est bouclée : Xia Wong Meïg est revenu. Le fondateur de la R.E.D a finalement survécu à l’impressionnante machine de mort qu’il avait mis en place. Et dans son exil, il a perdu son aura. Il n’est plus que l’ombre de lui-même : derrière ses réflexions hautaines, pressantes et autoritaires, ce n’est qu’une épave rejetée par les flots que j’ai pu apercevoir devant moi. Et ce misérable n’a eu d’autre idée que de se diriger tout droit vers Frontière d’Acier, à peine revenu d’entre les morts. Que comptait-il trouver là bas ? Sans aucun doute la même chose que ce que Realder avait l’habitude d’entreposer : du plomb et de l’acier froid. Je l’ai cependant accueilli - pas très chaleureusement, je dois l’avouer. Après tout, c’est en partie à cause de lui que j’ai été exécutée. Je l’ai accepté malgré tout : à l’heure où j’écris ces lignes, sa tente me nargue toujours, à l’orée du petit bois de Frontière d’Acier. Wong s’avère n’être finalement qu’un esprit chaotique, obnubilé par son équipement perdu et surtout intéressé par sa propre survie. Il m’a d’ailleurs paru ignorer la plupart des étranges règles de ce monde, comme s’il ne s’était jamais réveillé sur la plage, comme s’il ne se rendait pas compte de notre sort : coincés, emprisonnés sur cette île des morts. Je doute qu’il puisse un jour comprendre ce qui se trame ici-bas. Yinho avait peut-être raison finalement. Xia Wong Meïg n’obtiendra rien de bon à rester ici et pire encore, son âme dissonante semble briser la quiétude de mon sanctuaire, ma méditation et ma tranquillité. Je ne mentirai pas : ce dont j’ai peur, c’est qu’il fouille dans mes affaires et qu’il m’empêche de mener mes recherches. Ma jolie garde-robe commence tout juste à ressembler à quelque chose et j’ai retrouvé une partie de l’équipement de mon Realder. Rien qui soit susceptible d’intéresser l’ambitieux fondateur des brassards rouges a priori… mais sait-on jamais. Je n’ai pas envie que Xia Wong découvre mon secret même si je doute qu’il soit assez curieux pour donner un sens à ce qu’il pourrait avoir sous les yeux. Et par-dessus tout, je ne tolèrerai pas qu’il touche à mes livres.

Ma bibliothèque a été dispersée à travers l’Ether suite à l’Ouragan de Portails. C’en est une nouvelle que je reconstruis peu à peu près de la brume. Mes bouquins et les grains de café des Arpenteurs : ces denrées sont des maillons. Ils forment la chaine qui permet à mon âme de ne pas sombrer tandis que j’abreuve mon corps aux fontaines écarlates afin de le faire tenir debout. Je l’admets, ici, au sein de ce journal : à travers mes lectures, j’espère découvrir comment mettre fin à ces tourments : je ne soignerai probablement pas mon esprit, mais je puis peut-être guérir mon enveloppe charnelle de cette noirceur qui coule dans mes veines. Nova m’a abandonnée, comme tous les autres. Pourquoi vouloir conserver son don et respecter le Crédo de son Ordre Hellsing ? Je suis Fran Icesinger, et je ne suis qu’une seule voie : celle de l’épée, celle des Arpenteurs.

Ma main tremble et mes doigts sont crispés sur le stylo que Wouff m’a donné l’autre jour. Un cadeau d’un ami. Sans doute pas le plus beau, pas le plus sophistiqué, ni même le plus utile. Juste un présent sans prétention de la part de l’homme-loup, celui qui ne voit ni le bien, ni le mal, l’homme pour qui le monde n’a jamais changé. Et pourtant, ce petit tube a infiniment plus de valeur à mes yeux que la plume dorée que je pourrais trouver dans un écrin de velours. Ce soir pourtant, je vais cesser de l’utiliser : je ne veux pas alimenter mon courroux de son encre. J’aurai le temps d’y réfléchir la prochaine fois que j’écrirai ; car un autre homme est revenu des limbes et son nom ne m’est pas inconnu : Alex Walker.

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MessageSujet: Neuvième Disruption : CΛCDM ; Collapsed Lambda Cold Dark Matter - Anéantissement Primordial   Mar 30 Mai - 21:38

Neuvième Disruption : CΛCDM ; Collapsed Lambda Cold Dark Matter - Anéantissement Primordial

The War of the Worlds : La Guerre des Mondes. C’est la couverture que j’ai choisi pour abriter mes sombres pensées. Mon journal fait désormais concurrence à celui de Real’ et semble désirer gagner les mêmes propriétés que celui-ci. Je le sens presque pulser contre ma paume, sans avoir rien fait pour parvenir à ce résultat. Je suppose que l’attachement viscéral que je porte à ces trois ouvrages y est pour quelque chose : The Metamorphosis et The Call of Chtulhu ont déjà retrouvé leur entièreté et mon journal suit visiblement la même voie. Qui sait ? Peut-être que mes écrits me survivront et resteront à jamais inaltérables, coincés dans les couloirs du temps.
Les Couloirs du Temps… Encore ce mantra qu’Oliko a utilisé tant de fois au cours de notre violente dispute il y a quelques jours. Maudit soit-il, lui et son esprit étriqué, convaincu de pouvoir trouver une solution à tous nos problèmes de son coté ! C’est moi qui devais poursuivre cet objectif ! En l’espace de quelques semaines, il a non seulement réussi à me rattraper mais il a également posé un pied plus loin que moi, au-delà d’une limite que je croyais infranchissable. Il m’a retiré toute raison d’être et a humilié la mémoire de Realder, le faisant passer pour le méchant de l’histoire. Tout ça pour sauver ces survivants cupides et pleins de morgue et pour retrouver sa femme, restée au Canada. Grand bien lui en fasse ! Il a encore moins de chances d’y parvenir que moi de mettre la main sur mon cher écrivain.
Que Watson se rassure… il n’est pas le seul à m’avoir fait mal. Ce soir, je m’en rends compte, j’ai perdu ceux que je considérais comme de véritables amis. Wouff aussi m’a profondément meurtrie. En vérité, je pourrais énoncer tous ceux qui m’ont déçu mais la liste s’avèrerait bien trop longue et pénible à énumérer. Et bien qu’il en soit ainsi… Je remercie Olikotora d’avoir pris le temps de me confectionner un remède. Je ne suis plus tributaire de ce dernier à présent. Nova Astroska et son cadeau empoisonné ne m’ont apporté que des soucis. Des épreuves de plus que j’ai dû traverser inutilement. Tout s’effondre autour de moi : Wouff m’a accusé à tort d’avoir cherché à lui voler son meilleur ami, cet étrange loup blanc que j’ai cru apercevoir près de Frontière d’Acier il y a quelques temps. Trop de fois on s’est joué de Frisca. Nova, Alex, Mira, Irwin… ils se sont servis de moi puis m’ont finalement abandonné sans aucun remord une fois parvenus à leurs fins. Je me sens sale, souillée. Mon cœur paye le prix de ces tourments. Il est temps de reprendre les choses en main : les masques tombent.

Je vais poursuivre mes recherches puisque c’est la seule chose à laquelle je peux encore me raccrocher. Cette brume qui chantait pour Realder me murmurera ces secrets, j’en fais le serment. Olikotora peut bien s’appuyer uniquement sur la science pour tenter de résoudre tous nos problèmes ; je reste persuadée qu’on nous a manipulés pour nous enfermer en ces lieux comme dans une cage au milieu des fauves. Wouff, Watson… ils ont choisi d’ignorer la douleur qu’ils m’ont causée au moment ou j’avais le plus besoin de compassion. Les autres s’en fichent : ils ne voient en moi que Fran Icesinger, la gentille aventurière du Nord, la jeune fille timide dotée d’un sérieux penchant pour le café bien corsé… C’est d’écoute et de compréhension dont j’avais besoin, pas de coups de poignard dans le dos !
Cette encre noire coule comme mes larmes sur les pages immaculées de mon journal. Ce sont des sanglots amers, corrosifs, des perles de tristesse et de rage. Je sais ce qu’il me reste à faire puisqu’ils m’ont prouvé que je ne représentais rien à leurs yeux. Je n’ai plus à me soucier de ce qu’ils penseront de moi… mes recherches et mes expériences n’en avanceront que plus vite. Peut-être qu’un jour, ils comprendront ce qui m’a poussé sur cette voie… Pardonnez-moi…

Je vais avoir besoin de temps, et de matière. Les volailles stupides que j’ai envoyé dans la brume meurent de faim et de soif au bout de quelques jours sans que je puisse en conclure quoi que ce soit, lorsqu’elles ne s’échappent pas après avoir picoré la corde à laquelle elles sont attachées. Je dois mettre la main sur quelque chose de plus gros, de plus résistant, et de plus intelligent. Et je remercie Wouff de m’avoir donné cette idée : lorsque je l’aurai mise en œuvre, il aura au moins une raison valable de me craindre et de me détester. En attendant que je capture Grrr - ou un autre loup, ils sont tous semblables en vérité - il va falloir que je prenne mes précautions. Depuis que Ded s’est aussi installé près de ce brouillard dévoreur d’âmes, je n’ai plus toute la marge de manœuvre nécessaire à mes travaux à l’éthique douteuse. La jeune fille que j’ai rencontrée récemment, Avaleah me semble-t-il,  ne me simplifie pas la tache non plus. Mais si les choses tournent mal, qui sait ? Peut-être que ces deux-là se rallieront à ma cause. Et si ce n’est pas le cas, il sera toujours temps de les emporter avec moi de l’autre coté de cette barrière d’Ether.

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MessageSujet: Dixième et dernière Disruption : CΛCDM ; Collapsed Lambda Cold Dark Matter - « Dans le Silence des Univers Effondrés »   Jeu 8 Juin - 22:27

[Les pages qui suivent sont constellées de taches de sang bien que la calligraphie de Fran Icesinger soit parfaitement reconnaissable. L’épais papier de première qualité est également gondolé par endroits ; Frisca a semble-t-il beaucoup pleuré en écrivant ces lignes, à moins qu’elle ne les ait rédigé sous la pluie.]

Dixième et dernière Disruption : CΛCDM ; Collapsed Lambda Cold Dark Matter - « Dans le Silence des Univers Effondrés »

Les Réalités s’entrechoquent.

J’ai échoué en Chernarus par hasard, une simple touriste venue fêter l’obtention de son diplôme et de son premier travail au sein d’une entreprise prestigieuse avec ses amis les plus proches. Un avenir prometteur, une vie tranquille pour une fille normale. Une belle maison, une belle piscine, une ou deux belles voitures. Un yacht, qui sait ? Sans doute assez d’argent pour qu’on crache sur moi dans mon dos, mais pas assez pour perdre tout contact avec la réalité. Un ou deux enfants peut-être : une descendance que j’aurai chéri, pas forcément le choix le plus judicieux quand on voit le mal que l’humanité est capable d’infliger à notre planète, mais la satisfaction d’avoir suivi l’instinct de la Nature. Une vie paisible, aux cotés de Realder ou d’un autre, puis une mort tout aussi paisible, de préférence durant mon sommeil. Et le retour à la Terre parmi les asticots et les racines, en toute modestie.
Non. J’ai été envoyée ici par les Arpenteurs, l’Escouade des Terres Sombres, ces êtres, humains ou non, qui ont voué leur existence à la découverte du Multivers. Modelée par leurs esprits, construite à partir de ce que la Nature avait réalisé de plus beau dans le seul but d’attendrir le cœur de leurs ennemis. Liée au sang du Catalyseur et à son âme noire, rien de plus qu’une outre de vie et de pouvoir à laquelle il pouvait s’abreuver à volonté. La première des trois, la plus complète des marionnettes de la Lame du Vide, sa Poupée d’Argile. J’aurai fait barrière de mon corps pour lui, non par choix mais parce que telle était la raison de mon existence. Frisca : c’était mon nom, celui d’une créature aussi belle que froide, insensible aux assauts du temps et incapable d’éprouver la moindre douleur ou la moindre caresse. Condamnée à servir à jamais les Arpenteurs, une âme sanglotante et effrayée, emprisonnée dans un corps qui n’était pas le sien. Une abomination contre nature à laquelle on refusait son droit le plus précieux : la mort. La paix.
Non. Je suis venue en Chernarussie de mon propre chef : je faisais partie des Arpenteurs. Ils étaient mes alliés, à défaut d’être mes amis. Ensemble, nous parcourions les plans, plongeant au travers des flots déchainés de l’Ether pour émerger plus loin dans les tumultes de la Vortessence. Le Grand Vide était l’abîme au-dessus duquel nous naviguions et seul Realder était parvenu à le dompter. Il était rêveur et nostalgique mais je l’admirais. A ses cotés, nos rêves prenaient forme, il était le peintre de notre réalité, l’orfèvre de nos aventures, le forgeron de nos vies.

Me suis-je fourvoyée ? Frisca est-elle dans l’avant ? Ou déjà dans l’après ? Je sais quel est mon présent ; mais je ne suis finalement certaine ni de mon passé, ni de mon avenir. Voilà, Voyageur, Voyageuse. Ces mots peuvent te laisser présager ce que j’endure à chaque seconde de mon semblant de vie. Tu n’en sauras rien cependant, tant que je garderai ce journal avec moi. Et même si tu me l’arrachais, tu ne saurais probablement me croire. Ce ne sont que trois existences qui hurlent dans les couloirs de mon esprit, mais je puis parfois entrapercevoir les autres, celles qui se cachent au plus profond de ma mémoire, celles qui transcendent les Réalités.
Nos passés sont peut-être aussi nombreux que les possibilités de nos futurs. Mais tous, sans exceptions, nous ramènent ici, à cet instant présent, en Chernarus. C’est un puits qui nous a tous happé, quelque chose que ni les Arpenteurs, ni les Z-Team Alpha, ni les plus éminents scientifiques de notre monde n’avaient prévu. Quelque chose de plus fort que nous s’amuse aux dépens de ceux qui ont eu le malheur d’entrer ici. Je ne sais toujours pas si le temps poursuit son cours au-delà de la Brume, mais dans son enclave, il s’est arrêté. Vois donc ce qu’on y rencontre, Survivant, Survivante : des communistes venus tout droit de la Guerre Froide, pourtant terminée depuis longtemps. Des chevaliers, pour qui le maniement de l’épée va de pair avec celui des armes à feu de l’âge de l’information. Des êtres sortis de contes et de légendes ainsi qu’un nombre impressionnant de militaires et paramilitaires de toute nationalité. Si c’est ça qu’on a envoyé pour nous sauver, je préfère encore tenter ma chance de l’autre coté de Frontière d’Acier, tout comme Realder l’a fait.

Et Wouff. Il s’en est allé lui aussi. Il a traversé. Encore aujourd’hui, adossée contre l’énorme chêne de Nagornoe, je médite sur ce que sa disparition représente pour moi. Je ne parviens même plus à comprendre ce que je ressens. Je suppose que c’est une peine sans nom… et pourtant, dans les tréfonds de mon cœur noirci, une petite voix me rappelle que je ne l’ai pas retenu. Je l’ai laissé partir, pas après pas, dans cette immensité. Je l’ai regardé s’avancer, seul, insouciant, alors qu’il venait de me présenter ses excuses… Je... Ma colère contre lui n’a plus lieu d’être maintenant. Et pourtant, dans un dernier éclat, j’ai choisi de franchir le point de non-retour. Aucune rédemption n’est envisageable et je ne mérite aucune pitié, aucun pardon. Je ne peux m’empêcher de parler poliment aux inconnus, d’afficher ce masque avenant, pétri de faux-semblants que j’ai fini par haïr… Si je pouvais me trancher les veines pour ne jamais revenir, je n’hésiterai pas. Mais dans cette prison, je ne cesserai de me réveiller sur la plage, encore et encore, sans doute jusqu’à la fin des temps.
Je me méprise pour ce que j’ai fait. Mais c’est dans l’ordre des choses : au fond de moi, cette âme corrompue supplie qu’on lui fasse du mal, qu’on la saigne comme une vulgaire bête envoyée à l’abattoir. Ce sort est encore trop bon pour moi…
J’ai tué Grrr, le loup blanc. Emprisonné par Waam, une bien étrange survivante d’un an ma cadette, dans ce petit chalet à Nagornoe, il avait l’air fou de rage. Nos regards se sont croisés l’espace d’un instant : un jugement entre deux esprits, celui d’une fille modelée dans les mœurs complexes et futiles de l’Homme et celui d’un avatar de la Nature, le seul véritable ami de Wouff. J’ai commis l’impardonnable : coincé dans cette pièce étroite, je l’ai frappé… frappé… frappé jusqu’à sentir un feu lancinant brûler les muscles de mes bras. Couverte de sang, j’ai taillé dans sa chair… j’ai senti ses os céder un à un… ses grognements et ses gémissements se faire de plus en plus faibles et lointains tandis que je labourais son corps de mes coups… Pas une seule fois cette créature magnifique et sauvage n’a tenté de me mordre, comme si Grrr savait déjà que mon âme était perdue et qu’elle ne méritait que le dédain.
Avant qu’il n’exhale son dernier souffle, j’ai récupéré son sang. Sous les yeux de cette Waam que je ne connaissais ni d’Adam ni d’Eve, j’ai embrassé le visage de la sauvagerie, laissant toute pensée consciente se dissoudre dans cet océan de fiel que j’abrite au fond de moi. A l’heure où j’écris ces lignes, j’essaie toujours de me convaincre que mon geste aurait servi à quelque chose. J’avais ce qu’il me fallait : le sang est mémoire et la Brume en est friande. C’est assez ironique et tragique quand on y pense. Je voulais poursuivre mes recherches et me venger de Wouff en me servant ce qu’il avait de plus cher. D’une pierre deux coups en somme… Mais je n’aurai jamais pensé en arriver là. Wouff disparu, je n’avais plus aucune raison de m’en prendre à son loup. Et pourtant, c’est ce que j’ai fait. La jolie Waam n’est pas consciente de son erreur. Elle semble vouloir demeurer à mes cotés, tout comme Avaleah Brooklyn, belle comme un cœur elle aussi. Je ne veux pas qu’elles souffrent par ma faute… Et je ne veux pas m’attacher à elles. Je ne mérite ni leur pitié, ni leur amitié.

J’ai fait ce qui devait être fait mais ça ne suffira pas. Pour sauver ce monde, il faudra peut-être le détruire.

Les Réalités s’entrechoquent.

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MessageSujet: Nos Bienfaiteurs   Mar 13 Juin - 21:28

Nos Bienfaiteurs

Je n’ai plus rien - ou presque. Une autre tempête, un autre Ouragan de Portails s’est abattu sur Chernarus, nettoyant ses recoins jusqu’à la trame, ne laissant quasiment aucun signe de la présence de survivants en ces lieux. Tout ce qu’il me reste, bien entendu, ce sont ces trois feuilles de papier froissées, couvertes de mots sombres et lourds de sens : trois pages qui peu à peu retrouveront leur grain souple et délicat avant de croître, de se développer pour donner naissance une nouvelle fois aux journaux de Norman Ross, de Realder Descendres… et au mien.
Cette fois-ci cependant, il y a quelque chose de différent. Les choses ou les êtres qui nous inondent de ces Tempêtes d’Ether ont visiblement un peu trop tiré sur la corde, au point de perdre l’espace d’un instant leur contrôle total sur notre Réalité. Ces changements sont subtils mais bien décelables pour qui fera l’effort de tendre l’oreille ou de scruter l’horizon. Celui qui voit et entend ne se rendra compte de rien. Mais celui qui regarde et écoute ressentira peut-être quelque chose. Les forêts de Chernarus, autrefois avares de sons, résonnent désormais du chant ininterrompu des oiseaux. La Nature elle-même semble chargée de vie, les arbres ploient sous la force du vent qui murmure et des branches craquent sous le passage des habitants de la forêt.
Et chacune de ces tempêtes me ramène un peu plus de cette poussière sépia dont je ne sais que faire mais dont je connais l’immense pouvoir. Sans doute est-ce là un rappel du Multivers à chacun d’entre nous ; même ceux qui se jouent de notre détresse ne sont que les pions d’une mécanique bien plus vaste et subtile. C’est avec ces pensées en tête que je continuerai de rédiger mon journal.

C’est fait. Je pense que les ponts sont désormais définitivement coupés entre Olikotora et moi. Je n’ai plus vu de lumières aux fenêtres de son dispensaire depuis la tempête qui a fait rage et ma radio est restée silencieuse. Sans doute a-t-il compris que nous n’avions plus rien à nous dire, qu’il nous était impossible de continuer à travailler de concert. Notre approche, nos convictions, nos objectifs et le chemin que nous empruntons pour les atteindre, tout cela est bien trop différent. C’est fini, terminé. Le respect que j’éprouve pour lui n’effacera pas les mots que nous avons échangés.
Si je parviens à mettre la main sur ce que je cherche, tout cela n’aura plus aucune importance de toute façon. Realder avait déjà envisagé cette possibilité, je le sais. Sans doute n’en avait-il touché mot à personne, pas même à Watson. Je ne suis pas comme mon cher écrivain disparu : je n’ai aucun pouvoir sur le temps, aucun pouvoir sur l’espace. En vérité, mes possibilités d’action sont quasi-nulles. Tôt ou tard, il faudra bien tenter le tout pour le tout. Couper l’herbe sous le pied de nos bourreaux pourrait bien faire empirer les choses mais c’est une possibilité que personne n’a jamais tenté de mettre en pratique semble-t-il. Dans le pire des cas, que risquons-nous ? Nous nous réveillerons sans doute sur la plage et la plupart de ces pauvres âmes n’auront même pas conscience de ce qui leur sera arrivé.
Je me demande néanmoins quel sera l’aspect de notre prison lorsqu’elle aura été purifiée par le feu nucléaire… et si un simple Ouragan de Portails sera capable de réparer les dégâts.

C’est un homme surnommé Ozone qui m’a lancé sur cette voie. D’aucuns pourraient le considérer comme l’une des pires ordures qui soit au sein de notre petit bout de territoire. J’ai frayé trop longtemps aux cotés d’âmes sombres pour oser émettre un jugement : Ozone est peut-être fou, mais il en sait apparemment très long sur une partie de ces mystères. D’après lui, l’une des mutations du virus EXO pourrait avoir eu lieu ici-même, en Chernarus. On menait selon ses dires, de sanglantes expériences au sein d’un lieu profond, enterré, sous les lourds bâtiments en béton armé de la base militaire de Tisy. Un lieu tenu secret, probablement géré par une organisation paramilitaire, qu’il a lui-même appelé « Le Tunnel ». J’étais accompagnée de Waam lorsque ce survivant à l’esprit tortueux nous a énoncé ses connaissances sur le sujet. Il faisait apparemment partie d’un groupe de sécurité au sein de cette organisation, le « Maintien ». Rien d’autre qu’un tas de muscles destinés à effectuer les sales besognes du Tunnel à mon humble avis… En d’autres circonstances, j’aurai sans doute tenté d’en savoir plus. Les documents qu’Ozone m’avait fourni ont malheureusement disparu, avalés par l’Ouragan de Portails. Peut-être que notre ennemi commun ne voulait pas que quelqu’un puisse en prendre connaissance.
En vérité, je me fiche désormais éperdument du responsable de ce pandémonium. L’Homme a été assez bête pour vouloir transformer ce virus en arme afin de l’utiliser contre lui-même. Par sa bêtise, l’humanité s’est condamnée ; peut-être qu’en ce moment même, une cinquième, une sixième - une centième - mutation prend forme. Demain, il ne restera peut-être plus rien de mes pensées… Deviendrais-je l’une de ces créatures déformée ou bien une autre Réalité m’offrira-t-elle le salut ? Je vais continuer à faire ce que j’ai toujours fait, cette-fois-ci libérée des barrières que je me fixais autrefois. La fin justifie les moyens.

Tu l’auras compris, Voyageur, Voyageuse. Je me suis écartée du reste du monde à Frontière d’Acier, et malgré tout, je ne cesse de faire de nouvelles rencontres. Waam est sans doute celle qui me donne le plus de fil à retordre, celle qui perturbe mes pensées, et pour cause. Je ne parviens à déterminer ni ses objectifs, ni sa nature, ni quoi que ce soit la concernant. Tout ce que je sais d’elle, c’est ce qu’elle a bien voulu me raconter, et pourtant je pourrai sans nul doute remplir les pages de mon journal d’hypothèses la concernant.
Mais pas ce soir. Décrire ne serait-ce que la première strate de sa personnalité nécessiterait un chapitre entier. La nuit tombe et je n’ai qu’un petit réchaud à gaz pour m’éclairer. Demain peut-être, si je parviens à mettre la main sur un nouveau stylo.

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MessageSujet: Re: Disruption: Les Noirs Ecrits de Fran Icesinger alias Frisca   Jeu 15 Juin - 12:08

Petit coucou ! Comme preuve que ont lis tes écrits, je pense qu'il n'est pas de trop de dire que tes écrits sont soigner et inspirant ! ;-) a+ sur chernarus (pour de nouvel étincelles ;-) ) .
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MessageSujet: Deuxième Chanson : Les Corridors de la Ruine   Mar 20 Juin - 21:15

Deuxième Chanson : Les Corridors de la Ruine

Premier couplet.

Fort bien. Cette fois-ci, c’est un retour dans le temps qui a frappé de plein fouet notre petit bout de terre, sans signe avant-coureur. Les pouvoirs de ceux qui nous ont enfermés ici, ceux de nos bienfaiteurs ou ceux d’une tierce partie ne cessent de m’impressionner tant ils s’avèrent retors. Je ne sais même pas s’ils sont véritablement dirigés contre nous ou s’il s’agit d’un simple effet secondaire ayant pour origine les récents Ouragans de Portails. Mais quand bien même, je suis sidérée de constater que nos geôliers ne prennent pas en compte ce petit détail : à chaque fois que nous subissons leurs tourments, de nouvelles fissures semblent se former à travers les membranes du Multivers. Sans doute est-ce la source d’énergie dont s’abreuvent les ouvrages que je garde jalousement en ma possession. Et bien entendu, c’est le journal de Realder qui profite en premier de ce festin inespéré : The Call of Chtulhu est encore légèrement abimé, râpé par endroit, mais les textes de mon prédécesseur ici-bas sont parfaitement lisibles et me somment de les consulter une nouvelle fois.
Voici ma théorie : ces Tempêtes d’Ether, ces remises à zéro, ces Ouragans de Portails ou quel que soit le nom qu’on leur donne, ont deux effets. Le premier, celui de ralentir, voire de bloquer ceux qui s’immiscent un peu trop dans les mécanismes de notre purgatoire. Le second, sans doute non prévu à la base, entraine l’apparition de failles, de microfissures, probablement à travers les réalités. Et quelque chose de bon en sort parfois.
C’est cette hypothèse qui me donne la force de continuer. A pied ou en véhicule, je ne cesse de parcourir la frontière Nord de Chernarus à la recherche de mon équipement perdu. C’est du moins ce que je faisais jusqu’à maintenant et ça a plutôt bien réussi. Jusqu’à aujourd’hui.

La base militaire de Tisy, celle-là même que mon cher Realder avait découvert totalement par hasard, était l’un de mes points de chute. Je prenais toujours garde d’y parvenir par des chemins détournés et d’y passer le moins de temps possible. Les armes ne m’ont jamais intéressée mais j’y trouvais parfois ces vastes tentes en toile verte doublée de kevlar ou de plomb. De quoi fabriquer le squelette de mon chez-moi, Frontière d’Acier. Ce ne sera plus possible à présent. A moins de prendre beaucoup plus de risques qu’avant.

Voilà qui justifie le titre de ce chapitre. J’éprouve une certaine satisfaction à penser que personne ne lira jamais ces lignes pourtant chargées de vérités toutes plus horrifiantes les unes que les autres, même si quelqu’un y mettait la main dessus. Perdues dans cette masse d’informations, noyées au sein de cet océan de pages, mes paroles pourraient coûter très chers à de nombreuses personnes, moi y compris. Mais j’ai peu de craintes de ce côté-là. Mon épais journal est son propre bouclier, mon pavois contre les ennuis.

Second couplet.

Nous sommes tous fautifs, à des degrés divers. Falcon, ancien camarade d’Ozone (retrouvé mort et bel et bien disparu cette-fois-ci) pour nous avoir mené jusqu’à la Porte Maudite, guidé vers un destin plus sombre. Waam pour nous avoir accompagné et donné les moyens d’entrouvrir la Boite de Pandore. Moi-même pour avoir fait détoner sa bombe, entrebâillant de ce fait l’Huis des Enfers. Et même Olikotora : l’homme qu’il faut là où il ne faut pas fait parfois toute la différence.
Je n’ai pas pu combler mon âme avide de vengeance en traversant la lourde paroi d’acier : malgré toutes les connaissances de Waam et les cadeaux de ses amis, nous ne sommes parvenus qu’à entailler l’épaisse barrière de métal du bunker. Le seul accès au « Tunnel » est toujours condamné. Seule une fine brèche témoigne de nos efforts et c’est par celle-ci qu’un nouveau Fléau s’est échappé.
Je ne vais pas mentir, pas ici, sur ces pages si chères à mon cœur. J’étais venue chercher quelque chose dans cette partie du Nord. Pas de tentes ni d’armes cette fois-ci. Pas au sens où l’on pourrait l’entendre du moins. Quelque chose de bien plus gros. Je ne me cacherai pas puisque j’en ai déjà écrit quelques mots : une ogive - atomique, toute modestie mise à part. Cet objectif et ma curiosité sont les seules choses qui m’ont poussé à suivre Falcon et Waam jusqu’à ces terres abandonnées. Par notre faute, une atmosphère poisseuse, corrosive et grésillante stagne désormais là-bas. Un amas de poussières, de gaz et d’autres particules, qui a obscurci le ciel et fait jaunir les nuages, comme un bon vin qui tournerait au vinaigre. Cette chose, quelle qu’elle soit, est retombée depuis et semble ne pas vouloir disparaitre de sitôt. C’est un pan entier de notre prison que nous avons empoisonné. Un masque à gaz et d’épais vêtements semblent être des mesures de protection appropriées mais je ne suis pas dupe : la nature de ce panache, de cette vapeur, de cette fumée m’est inconnue. Mais le petit compteur Geiger dont j’ai récemment fait l’acquisition ne laisse guère de place au doute. Ce brouillard est radioactif et ce n’est pas quelques épaisseurs de tissu et de cuir qui arrêteront bien longtemps ces rayonnements ionisants. Quant aux autres effets de ce poison, je préfère ne rien imaginer.

Troisième couplet.

Ce n’était pas mon but. Je pourrai crier victoire bien sûr, mais ce Mal que nous avons semé en Chernarus n’est pas celui que j’espérais. Je comptais souffler d’un coup toutes les étincelles de vie qui se cachent encore dans cette partie du monde pour offrir à l’humanité survivante une chance de renaître purifiée. Et si ça n’avait pas été le cas, au moins aurais-je mis fin à tous ces faux-semblants. Même un simple retour sur la plage aurait été préférable, ne serait-ce que pour obliger nos bourreaux à forcer à nouveau sur leur infernale mécanique.
Mais tout ce que j’ai réussi à faire, tous ce que Nous avons fait, c’est de réduire encore les limites de notre enclave en libérant un nuage tuant sans doute à petit feu tous ceux qui osent s’y aventurer. Bien que cela m’écorche la paume des mains de l’écrire, je rejoins Watson, Waam et Falcon sur ce point : il ne faut laisser sortir personne de ce brouillard, du moins personne qui s’y soit aventuré sans protections.

Je crains pour ma part de commencer à payer le prix de mes ambitions. Lorsque j’ai insisté pour que Waam, Falcon et Oliko s’enfuient ensemble, j’avais une bonne raison de le faire. Je suis retournée sur mes pas, face à la porte endommagée et j’ai longtemps tenté d’agrandir la brèche, veillant à bien garder mon masque verrouillé sur mon visage.
Sans doute ai-je pu tromper les vapeurs délétères et les miasmes de ce Fléau, mais les radiations ont été moins clémentes. Je connais le mal des rayons pour avoir travaillé aux cotés de ceux qui arrachaient à la Terre son précieux combustible chargé d’énergie et j’en présente nombre de symptômes.
Je ne sais pas combien de temps il me reste avant de me réveiller sur la plage. Mes recherches et les notes que j’écris dans ce journal vont s’en trouver retardées et il va falloir que j’anticipe ce temps perdu, quitte à malmener mon organisme, à le pousser dans ses derniers retranchements.
Quelle importance au fond… puisque ce n’est pas le mien.

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